‹ Elizabeth Seton et les commencements de l'église catholique aux Etats-UnisChapitre 53 sur 226 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

ELIZABETH A ANTONIO FILICCHI

15 décembre 1809.

« Mon très cher Antonio ,

« Quinze mois passés sans que j'aie reçu une seule ligne de Livourne! quand, il y a quelques jours , votre lettre du 30 novembre 1808 m'est arrivée avec la lettre qu'elle contenait pour notre cher révérend évêque Carroll. Elle m'a donné la joie inexprimable, la consolation immense, de savoir que notre cher, précieux Filippo est encore en ce monde; et que vousmême, si cher, êtes en bonne santé, et aussi tous les vôtres. Cependant la maladie de votre frère, d'après ce que j'apprends, est très alarmante. Malgré mon désir de ne considérer en toutes choses que l'accomplissement de la volonté de Dieu , je tremble d'apprendre qu'un si parfait et rare modèle de vertu a été retiré de ce monde, qui pourtant en a si grand besoin. J'ai recommandé sa chère âme, en quel lieu qu'elle soit , à un très saint prêtre d'ici , qui ne manque jamais maintenant de se souvenir de lui, tous les jours, au divin sacrifice. Souvent la messe a été offerte pour lui, — lui seul, —

en même temps que mon indigne communion. Vous avez une large part dans toutes mes communions; et j'en fais une chaque semaine, pour vous uniquement. Est-il rien autre chose que je puisse pour vous, qui m'êtes plus qu'un frère, en retour de votre inaltérable bonté envers votre pauvre sœur! C'est là tout ce que je puis offrir; si ce n'est encore les prières que dix chères saintes Sœurs adressent chaque jour à Dieu pour vous, notre bienfaiteur et notre ami.

« Maintenant vous allez rire si je vous dis que votre mauvaise petite sœur a été placée à la tête d'une communauté de saintes ; dix des âmes les plus pieuses qu'on puisse se figurer, surtout quand on pense que quelques-unes d'entre elles sont très jeunes. Pas une d'elles n'a encore trente ans. Nous avons, de plus , six postulantes, qui attendent que nous ayons de la place pour les recevoir. Nous serions déjà une famille nombreuse , si nous recevions la moitié de celles qui désirent venir ; mais votre Révérende Mère est obligée d'être très prudente, dans la crainte que nous n'ayons pas les moyens de gagner notre vie durant l'hiver. Cependant, comme Sœurs de Charité, nous ne devrions rien craindre. Vos mille dollars nous aideront grandement, cher Antonio. Que Dieu vous bénisse à jamais !

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