CHAPITRE XVI
Jouant et riant, elle la lança contre l'arbre: « Voilà ma place , » s'écria-t-ellé ; paroles prophétiques dont on se souvint après sa mort. Quatre mois s'étaient écoulés à peine, que ses compagnes la reconduisaient sous son chêne, étendue dans son cercueil. Elle repose maintenant à la place qu'elle avait choisie, la première arrivée parmi celles qui sont venues dormir du sommeil de la paix dans la vallée de Saint- Joseph,
ELIZABETH SETON A Mme JULIA SCOTT 27 décembre 1809.
« Depuis que je vous ai écrit la dernière fois, j'ai eu bien des heures de lourde épreuve: la maladie, — jusqu'à l'extrémité, — de Gecilia; et maintenant, la mort de ma douce, bienaimée Harriet, qui avait été la vie et la joie de mon cœur pendant ces derniers mois. Elle souffrait de longue date: c'est-à-dire depuis qu'elle s'était plainte de mal de tête pour la première fois; mais elle se trouvait quelquefois mieux; d'autres fois , elle était plus mal. Je n'ai pas eu la moindre alarme, jusqu'au jour où sa maladie prit un autre tour.
« Il en va ainsi pour votre amie ! La tribulation est mon élément. Si seulement, si, à la
fin, elle me conduit à la vraie demeure, n'importe le présent ! * *
. . . Nos montagnes sont très noires; mais nos prairies , encore vertes ; et mes chères petites y vont bondissant avec les moutons. Excepté la pauvre Anna, qui sent profondément la perîe de sa compagne, son amie, celle qui la conseillait. Toujours elles se promenaient, elles lisaient, travaillaient ensemble. Elle était, en vérité, une fille angélique, et, parmi les coups destinés à votre amie, sa mort est un des plus durs. Néanmoins : comme il lui plaît! et quand il lui plaît!... Mais, soyezen sûre , quand mon tour viendra , je serai bien contente. »
ELIZABETH SETON A M. WEISE
Dimanche soir, 7 janvier 1810.
« Mon ami ,
« Votre bonne lettre a été, comme le sont toutes vos lettres , la très bien venue. Pour moi , si je ne vous ai pas écrit, c'est par de tristes motifs; j'étais affligée, malade, abattue. C'est là ce qui souvent aura lieu , et il faudra que vous me le pardonniez. Vos peines, je le