CHAPITRE XVI
mettsburg. Elle emmenait avec elle un cher cercueil qu'elle allait confier à la vallée de Saint- Joseph. Un prêtre du clergé de Baltimore et la Sœur de sa communauté furent près d'elle pendant ce funèbre voyage.
ELIZABETH SETON A Mmo ELÏZA SADLER
6 mai 1810.
a Me voici revenue de Baltimore, où j'étais allée conduire la bien-aimée Cecilia , avec une espérance lointaine qu'elle pourrait éprouver quelque bien du voyage, du changement d'air, et de la consultation des médecins. Mais // a dit : Non — et cela suffît!... Vous ne sauriez avoir idée d'un départ plus doux, plus consolant que le sien. Elle était la paix et l'innocence même. Les deux précieuses sœurs reposent dans le bois , tout proche de notre demeure. L'affection et la tendresse prennent soin d'orner ce lieu solitaire et sacré.
« Le cœur de la mère vient de faire un grand sacrifice. Anna est restée à Baltimore, pour quelque temps, chez une amie éprouvée, une excellente femme, Mme Robert Barry, de la famille de ceux que nous aimions tant à New- York 1; elle est une Européenne; elle aura
1 M. Robert Barry était consul de Portugal à Baltimore.
toujours Anna sous ses propres yeux. Anna a un grand désir de faire des progrès en dessin. Elle sera très occupée ; aussi n'ai-je aucune inquiétude à son sujet. En outre, sa modestie et sa réserve sont vraiment angéliques. »
Si Dieu continuait d'éprouver par le feu des tribulations sa fidèle servante, les dispositions de sa miséricorde lui ménageaient de précieuses consolations. L'œuvre qu'elle avait commencée devenait de jour en jour florissante, et les enfants de sa tendresse, ses trois filles et ses deux garçons, lui donnaient toute espèce de contentement. A peine son école s'était-elle ouverte, que les élèves y avaient afflué de toutes parts. Le 14 mai , on y recevait les cinq premières pensionnaires payantes; celles-ci venaient du comté de Frederick, dans lequel est Emmettsburg; au nord, sur les confins de la Pennsylvanie. Leur nombre, augmentant rapidement, se montait à trente avant la fin de l'année. Dès cette époque, la maison entretenait plus de quarante enfants pauvres. Les Sœurs étaient au nombre de douze. Ce qui paraîtra charmant, c'est de les voir dès lors assistées, à leurs classes pour les enfants, par deux utiles auxiliaires: Catherine Seton, âgée de dix ans; et Rebecca Seton, de deux ans plus jeune. Tous les jours, la communauté