ELIZABETH A ANTONIO ET A FILIPPO FILICCHI
24 juin 1811.
« Mon cher, mille fois cher Antonio,
« Vous ne pouvez vous faire une idée de ma joie en apprenant enfin de vos nouvelles, et de celles de vos bien -aimés, et de notre Filippo, pour qui tant de larmes de regrets, tant de soupirs, tant de prières pour demander son repos , se sont élevées vers le ciel ; pour qui tant de communions ont été faites, si convaincue que j'étais qu'il n'existait plus! Et non seulement il est vivant, mais son rétablissement est assuré ; et ni lui ni vous n'êtes fâchés contre votre pauvre petite sœur, ni n'avez songé à l'abandonner. Oh ! quelle immense consolation , quel profond bonheur, après tant d'actes de résignation que j'ai faits, non seulement au sujet de votre précieuse existence, si exposée, cher Filippo, dans l'état de danger où je vous savais, mais encore à l'égard de cette amitié et de cette protection qui est ici -bas notre unique richesse... 0 vous les plus chéris, les plus généreux de tous les amis ! nos cœurs, — vos trésors à vous, — ne vous manqueront jamais, jamais.
a Si vous n'avez pas reçu d'autre lettre de moi que celle dont vous me parlez, vous n'avez sans doute pas appris l'heureuse conversion de notre Harriet Seton , suivie , hélas ! d'une prompte mort... Mais la mort de Cecilia , M. Zocchi a dû vous en dire tous les détails. Celle d'Harriet a été également accompagnée de grandes consolations. Je les ai là, toutes les deux, qui reposent auprès de notre demeure; j'y vais dire mon Te Deum tous les soirs. Oh! Antonio , si vous pouviez , vous et Filippo , savoir seulement une faible partie du bien que vous nous avez procuré, à elles et à moi ! Mon Anna marche sur leurs traces; elle est un modèle de beauté , d'amabilité , de grâce , au dedans comme au dehors. Elle est admirée — il serait impossible qu'elle ne le fût pas ! — comme une merveilleuse enfant de bénédiction, non seulement pour sa mère, mais pour bien d'autres encore. Mes deux autres petites sont excellentes. Elles n'ont de pensées ni de paroles que pour aimer notre cher Seigneur et le servir, je ne dirai pas dans la vie religieuse, — à leur âge, cette pensée ne saurait venir, — mais en se donnant tout entières à lui , quelque part qu'il les veuille.
« L'espérance, même si lointaine, que vous me donnez, qu'il serait possible que vous fissiez un voyage en ce pays -ci, est comme un