CHAPITRE XVIII
pieds de notre adoré Seigneur; et je remets entre vos mains, à vous, comme à son représentant, le soin de décider de ce que je deviendrai.
« Les règles qui nous sont proposées sont presque les mêmes que celles que nous avons dans le manuscrit original des Sœurs de France. Je n'ai jamais eu une seule pensée qui fût en désaccord avec ces règles; je suis prête à les observer autant que mes pauvres forces pourront me le permettre. Les constitutions proposées ont été examinées par notre révérend directeur, et je vois qu'il fait quelques observations sur ma situation relativement à elles. Assurément, il ne faut pas qu'on tienne compte d'une unique personne, là où le bien général est en question. Pour ma part, vous le savez , je ferai avec joie tel sacrifice que ce soit, que vous estimeriez compatible avec mes devoirs de mère ; ces devoirs , qui pour moi sont les premiers de tous , et dont rien au monde ne me détacherait. J'attends de la bonté de M. Dubois qu'il ne vous cache rien de ma situation et de mes dispositions telles qu'il les connaît. Si je sais me connaître moi-même, elles lui sont connues, à lui, aussi bien qu'à Dieu. »
Elle écrivait, vers ce même temps, à une
de ses amies : « Suivant les lois de l'Église , qui me sont si chères , je ne pourrais accepter aucun engagement qui viendrait s'interposer entre moi et mes devoirs envers mes enfants ; a moins que je n'eusse trouvé pour eux des ressources indépendantes et un tuteur. Et encore, à mon sens, le monde entier ne ferait pas qu'un tuteur fût capable de suppléer une mère »
« Jamais je n'aurais pu seulement imaginer, en ce monde, une situation plus en harmonie avec mes dispositions, mes sentiments, mon goût pour la paix ; jouissant de la liberté que donnent la solitude et la vie de campagne, en même temps que de tous les avantages de l'occupation intellectuelle. Penser à vivre hors de notre vallée me semblerait même impossible, si je m'appartenais à moi-même. Mais mes chers enfants ont le premier droit, qui doit demeurer toujours inviolable. C'est pourquoi, j'ai pris l'engagement solennel, devant notre bon évêque Carroll, aussi bien que visà-vis ma propre conscience, de préférer à toutes choses l'avantage de mes enfants, s'il arrivait que j'eusse à choisir entre ce que je leur dois et d'autres devoirs où je serais attachée. »
A Mme Sadler, quelques semaines plus tard, — septembre 1811 : — « Maintenant, tout est