‹ Elizabeth Seton (volume 2)Chapitre 112 sur 225 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

est toujours tempérée par sa miséricorde. Où en serais-je sans cela?... Souvent la pensée me vient de ce figuier stérile qui fut épargné encore mie année K C'est maintenant peutêtre pour moi la dernière partie de l'année; et cependant, quelle stérilité en fruits!... Souvent cette pensée m'oppresse, et si douloureusement!... Être bannie loin de Lui!... N'entendre plus que des blasphèmes!... Ah! ce serait là l'infini tourment, même sans les flammes dévorantes!... Qu'adviendrait -il de moi, si lui ne voyait pas mon cœur, s'il ne connaissait pas tous ses combats et tous ses désirs 1 . . . Mais il les voit, il les connaît ; comme il voit aussi la constante prière que je lui offre pour votre âme , Antonio , avec autant de ferveur que pour ma vraie âme. »

Livourne, 17 octobre 1804.

« J'ai reçu par le Mercury votre lettre du 27 juillet. Je vous assure qu'en la lisant, je n'ai

1 Un homme qui avait un figuier planté dans sa vigne, vint y chercher du fruit, et il n'en trouva point. — Alors il dit au vigneron : « Voilà trois années que je viens chercher du fruit à ce figuier sans en trouver. Coupe-le donc : I. 8

pas eu le moindre mouvement d'indignation; seulement , mon cœur a été profondément affligé du danger où vous êtes. Je voudrais avoir été près de vous; j'eusse fait tous mes efforts pour calmer votre anxiété. Pourquoi es -tu triste , 7non âme? Espère en Dieu : voilà ce que je vous aurais appris à redire avec le saint Roi- Prophète. Vous ne pouviez éviter de rencontrer ces contradictions. Je les attendais. J'espérais pourtant vous avoir pourvue d'un moyen de vous en défendre , en vous donnant cet excellent traité de la Consolation du chrétien. Je croyais surtout que vous compreniez que puisque nous sommes incapables de tout bien, incapables même d'une bonne pensée, nous devions nous jeter entièrement dans les bras de la miséricorde de Dieu. Lui seul a le pouvoir et la volonté de nous secourir. Tout nous est possible avec son secours. Il ne permet jamais que nous soyons tentés au delà de nos forces, c'est saint Paul qui nous l'a assuré. J'espérais que vous auriez toujours présente à l'esprit cette pensée que Notre-Seigneur désire notre salut, plus encore que nous ne le désirons nous-mêmes.

poTirquoi occupe- t-il encore la terre ?» — Le vigneron lui dit: « Seigneur, laissez-le encore cette année. » — S. Luc, ch. xtii.

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