CHAPITRE VIII 2r.l
soit que je change ou que je demeure où je suis! Le terrible pour moi, c'est d'avoir un esprit tourné par ce qu'il a d'instruction, tandis que mon âme n'a pas la lumière qui pourrait lui indiquer le but où elle doit se fixer. A un tel mal , il n'y a qu'un unique remède : la prière constante, continuelle. Mo7i Dieu, enseignez-moi le chemin où je dois marcher. Je remets mon esprit entre vos mains; et je dis, avec le pauvre pécheur de l'Évangile : Seigneur, que voulez-vous que je fasse?
« Ceux de mes amis qui paraissaient auparavant s'intéresser si fort à mon endroit, m'ont, je crois, abandonnée à Dieu ; je ne vois plus aucun d'eux. A propos d'une foulure au pied, M. Hobart a envoyé savoir de mes nouvelles ; me voici très-contente d'avoir une excuse pour ne plus entendre ces conversations qui ne mènent à rien. »
LA MÊME AU MÊME
17 octobre 1804.
« Quand vous écrirez à Livourne, rappelez moi le plus affectueusement à tous vos chers bien-aimés. Je crois que je ne leur écrirai pas avant d'avoir reçu de nouvelles lettres.
252 ELIZABKTH SETON
« Que de fois ma pensée me ramène Ik-bas, dans cette chambre , sous votre toit ! c'est continuel. Je crois voir les mêmes objets que je voyais de ma fenêtre, et le sourire du petit chéri Pat ', quand il se dressait sur la p,ointe de ses petits pieds , et qu'il faisait mille questions sur la Signora Seton. Souvent aussi je suis obligée de faire le signe de la croix , et je lève les yeux vers Dieu, en criant: « Pitié!.., » — L'heure la plus heureuse que j'attende pour moi en ce monde, sera celle où j'apprendrai que vous êtes encore en ce cher endroit, dans les bras de ces chers objets de vos tendresses.
« J'espère que vous ne souffrez pas de la rigueur de cet hiver. Ici, nous nous trouvons déjà dans la saison des tempêtes. Le vent souffle sur ma lumière pendant que je vous écris. Mais vent et tempête n'ont d'autre effet que de me faire penser encore plus au terme de ce pèlerinage. Toutes mes pensées, tous mes soupirs sont pour ce printemps éternel qu'aucune tempête ne troublera.
« Se pourrait-il, Antonio, que Dieu voulût me laisser périr? Est-ce qu'il dira jamais pour moi le terrible Retirez- vous'? Certainement, selon les droits de sa justice, tel devrait être mon misérable destin; mais sa justice, elle
1 Patrizio Filicclii, l'aîné des eufants d'Antonio.