CHAPITRE MU 26H
temps ils prétendent appartenir à la véritable Église par suite de leur succession d'une Église qui, d'après leur déclaration, avait dévié de la vérité depuis le iv° siècle. Est-il un plus absurbe raisonnement?
« Retenez bien l'argument que voici, et cessez de fatiguer votre esprit par des controverses :
« Tous les chrétiens admettent que Jésus- Christ a établi une Église, et qu'il sera avec elle jusqu'à la consommation des siècles. Saint Paul appelle cette Église la ferme colonne de la vérité.
« Il faut qu'il y ait une Église véritable , laquelle doit être aussi ancienne que le christianisme lui-même.
« Tous nos efforts doivent avoir pour objet de chercher quelle est l'Église véritable parmi les sociétés chrétiennes qui réclament ce privilège. Lorsque nous avons trouvé cette Église, nous n'avons plus besoin d'une plus longue étude. Croyons ce qu'elle nous enseigne, puisque la vraie Église ne peut errer.
« Un tel privilège ne saurait être revendiqué par des institutions nouvelles. Que si, pour s'en prévaloir, elles veulent fonder leur droit sur la succession d'une autre Église , voici à quel argument elles ont à répondre : L'Église dont vous procédez était dans la vérité ou dans l'erreur. Si elle était dans la vérité , vous avez
eu tort de changer sa doctrine; si elle était dans l'erreur, vous-mêmes êtes dans l'erreur. Succession légitime et innovation, sont choses qui se contredisent. L'étude de la religion ne saurait être difficile. Il faut qu'elle soit à la portée de l'entendement de chacun. Les controverses ne produisent pas de bien,
« Ceux de votre clergé s'efforceront toujours de détourner votre attention des principes que je viens d'exposer, et chercheront à vous engager dans un labyrinthe de controverses. S'ils réussissent à jeter la confusion dans votre esprit, ils auront gagné la bataille. Vous ne serez plus protestante ; mais du moins vous ne serez pas catholique.
« Quant à ce qu'on vous a dit touchant les conciles et leurs contradictions, vous remarquerez qu'ainsi qu'il y a eu deux papes à la fois , l'un légitime , l'autre intrus ; de même il y a eu des conciles légitimes, et d'autres qui ne l^étaient pas. Les uns ont été dans le vrai, les autres dans l'erreur. L'accord entre eux n'était pas possible. L'Église universelle, en reconnaissant l'autorité des uns , a refusé de reconnaître les autres. Le traité que je vous ai donné sur l'autorité de l'Église vous fera voir où réside l'infaillibilité.
« J'espère avoir répondu à toutes vos questions d'une manière satisfaisante. Je voudrais