‹ Elizabeth Seton (volume 2)Chapitre 118 sur 225 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

pisme. Je me contenterai de vous démontrer l'inexactitude de leurs assertions relativement à quelques faits particuliers. Vous verrez qu'ils sont des guides trompeurs ; et le peu que je vous dirai suffira pour vous éclairer, si Dieu donne puissance à ma parole.

« Votre clergé a en abomination le sacrifice de la messe. Saint Justin , qui vivait cinquante ans environ après la mort de l'apôtre saint Jean , parle avec louange du sacrifice de l'Eucharistie, et dit que les chrétiens l'offrent par toute la terre.

« Saint Irénée, disciple de saint Polycarpe, disciple lui-même de saint Jean , rend le même témoignage.

« Tertullien, qui vivait au ii^ siècle, nous assure que le saint sacrifice était offert parmi les chrétiens pour la santé et la conservation des empereurs. En conseillant aux femmes de vivre dans la retraite , il leur dit que les seuls motifs qui doivent les inviter à sortir de leur demeure, sont la visite des malades, l'assistance au saint sacrifice, et le désir d'entendre la parole de Dieu. Il affirme que le saint sacrifice était offert pour les défunts, au jour anniversaire de leur mort.

« Saint Cyprien , qui vivait au iii« siècle, déclare que l'usage d'offrir le saint sacrifice était général et ancien.

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« Vous voyez que la doctrine relative au saint sacrifice et au purgatoire , était connue et admise avant le v« siècle.

« La liturgie de Jérusalem, qui est attribuée à saint Jacques ', s'exprime ainsi : « Accordez, ô Dieu , que notre oblation soit trouvée agréable et soit sanctifiée par l'Esprit- Saint pour la propitiation de nos péchés , et pour le repos de ceux qui sont pailis avant nous. » Les liturgies des Églises de Constantinople, d'Alexandrie et d'Ethiopie, sont rédigées dans les mêmes termes.

(( Tertullien, qui vivait au ii^ siècle, déplore l'aveuglement de ces chrétiens qui, par fausse honte, ne confessaient pas leurs péchés. Ceci est encore un article de foi essentiel , connu de la primitive Église, et combattu par vos réformateurs.

« Ces derniers ne peuvent nier que leur réforme n'ait eu lieu au xvi® siècle. Pour prouver la légitimité de leur mission , ils allèguent leur succession directe de l'Église romaine. Ils admettent que Jésus-Christ a tenu sa promesse de ne pas abandonner son Église, et en même

1 L'apôtre saint Jacques le Mineur, celui que les premiers fidèles appelaient le père du Seigneur et le Juste. Il gouverna le premier, et pendant trente années, l'Église de Jérusalem, jusqu'au jour où les Juifs le mirent à moxi, l'an 63 de Notre-Seigneur.

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