‹ Elizabeth Seton (volume 2)Chapitre 121 sur 225 · CHAPITRE YIIl · texte numérisé non relu

CHAPITRE YIIl

calice qu'il élève ; et mon cœur s'incline jusque dans la poussière en la présence de rnon Dieu.

« Si votre Église est celle de l'antechrist, si votre culte est une idolâtrie , mon âme partage ce crime, malgré la résistance de ma volonté. Si vous pouviez savoir, mon frère, tout ce qu'on offre à mon esprit d'images horribles, révoltantes, pour m'éloigner de votre Église, vous diriez qu'il est impossible que j'en fasse jamais partie, à moins qu'une voix descendant du ciel ne vienne directement m'y appeler. Je dis vraiment avec David: Sauvez-moi, Seigneur! car le torrent des grandes eaux a passé sur mon àme. Je suis comme engloutie dans une houe profonde; le terrain se perd sous mes pieds.

« Antonio, vous comprendrez maintenant que, voyant toujours mes péchés qui s'élèvent comme un mur entre moi et la vérité , je désire , du désir le plus vif, que Dieu retire de moi tout objet créé dans lequel je pourrais me plaire; afin qu'avec un cœur brisé, un cœur contrit, je trouve grâce devant lui par les mérites de mon Rédempteur. Jamais, jusqu'à ce jour, je n'avais encore compris ce que c'est que prier. Jamais la moindre idée du jeûne, qui aujourd'hui m'est presque devenu plus habituel que le repas. Jamaisje n'avais su ce que c'est que se renoncer en toutes choses , que fixer son esprit sur la montagne du Calvaire, que se consoler enfm dans

la compagnie des anges. — « Aie patience , dit mon âme, il ne te laissera pas périr, toi et tes pauvres chers petits. Et après tout , si vous lui sacrifiez votre vie en ce combat, eh bien! il clouera le tout à sa croix , et il vous recevra dans sa miséricorde. »

ELIZABETH A AMABILIA FILICCHI

19 décembre 1804.

« Le croiriez-vous, Amabilia? dans le désespoir démon cœur, je suis allée dimanche dernier à l'église de Saint-Georges , — une éghse épiscopalienne protestante. — L'angoisse qui me torturait était si pressante, que je me suis adressée droit à Dieu, et je lui ai dit : « Puisque je ne puis découvrir la voie qui vous plaît le plus , à vous , à qui seul je désire plaire , tout au monde m'est indifférent! Jusqu'à ce que vous m'ayez montré la voie où vous voulez que je marche, je continuerai à me traîner dans le sentier où vous avez permis que je sois née ; et même j'irai de nouveau au sacrement où j'avais coutume de vous trouver autrefois. » — J'y allai en effet; et ma bonne vieille Mary se trouva bien heureuse quand je lui demandai de veiller sur mes enfants à ma place jusqu'à mon retour. Mais si je quittai la maison protestante, j'y revins catholique, à ce que je crois,

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