‹ Elizabeth Seton (volume 2)Chapitre 136 sur 225 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

qu'on le décrive, et qui s'accroît chaque jour, je devrais plutôt dire, chaque instant. La paix qui remplit mon âme m'apporte une force, une résolution supérieure à tout ce qu'une créature si frêle aurait pu croire possible.

« Le projet, si longtemps débattu , est abandonné ; et voici qu'on me tourmente pour me faire louer une autre maison. Je suis excédée de ces consultations sur ce que j'aurais maintenant de mieux à faire, etc. Assurément, les pensées affligeantes que ma situation me suggère, accableraient mes esprits, s'ils n'étaient soutenus et si pleinement occupés par les consolations intérieures. Au milieu de toutes les diverses remarques et conversations de ces bonnes dames, aussi bien que de N***, mon cœur, libre de tout souci , redouble de prières et se prépare pour recevoir le cher Maître. Ce matin, après une demi-heure de consolant épanchement avec M. O'B... ', je l'ai reçu. Lui; et si heureuse! si reconnaissante! si joyeuse! et me sentant si vivement comblée de ses bénédictions ! Ne pensez pas que vous ayez été oublié à cette heure, très-cher Antonio. Non, mon âme n'a pas de vœux plus ardents que ceux qu'elle forme pour votre véritable bonheur. En vérité , pourrait-il en être autrement,

1 M. Mattliew O'Brien.

alors que chacune de mes joies me rappelle le souvenir de ce que je vous dois?

« J'ai fait connaissance avec votre M. Morris, qui s'est informé de vous très-aimablement. Il m'a offert, pour moi avec mes enfants, une place dans le banc qu'il a à l'église. Mes garçons sont fous de joie dès qu'ils peuvent apercevoir la croix, de Saint-Pierre. William s'en va me demandant toujours à être un des petits prêtres ; il veut dire un de ces petits qui servent la messe. — « J'aimerais mieux être l'un d'eux, maman, que d'être le plus riche seigneur de toute la terre. » — Vraiment, c'est pour moi une joie si grande quand je les vois faisant eux-mêmes le signe de la croix et se mettant à genoux si dévotement !

« J'espère, cher Antonio, que vous recueillez pleinement les grâces de cette semaine ^ Involontairement mes pensées se tournent vers ce que vous m'avez dépeint de M. de Cheverus, et de l'intérêt qu'il donne à ses instructions ; tandis qu'ici pour goûter une complète satisfaction, il faudrait vraiment avoir un esprit qui s'élèverait au-dessus de tout ce qui est de l'extérieur. C'est un étranger qui a officié la semaine dernière ; nous n'y avons pas gagné vraiment. J'ai été obligée d'a-

t Là semaine sainte.

Page 1