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CHAPITRE IX

Ses journées commençaient par la prière et l'assistance à la sainte messe, dont elle ne se fût jamais privée sans un motif sérieux, malgré la difficulté qu'elle trouvait à se rendre à l'église, à une distance éloignée, en toute saison , de grand matin. Sitôt qu'elle était rentrée, elle se donnait "tout entière à instruire et à former les enfants confiés à ses soins. Ses soirées lui appartenaient. Après la fatigue de la journée, elle regardait comme un délassem.ent des plus doux, de réunir autour d'elle ses chers petits William et Richard avec leurs trois sœurs : « ouvrant alors son piano tout grand, elle y laissait courir ses doigts , pendant que les enfants s'amusaient en dansant et en s'agitant , jusqu'au moment où la fatigue et le sommeil s'emparait d'eux. » Les jours qu'elle les voyait disposés à des jeux moins bruyants, elle les réunissait autour d'elle, leur faisait chanter quelques chants , y mêlait sa voix, et leur enseignait de pieuses harmonies. C'était là son unique récréation. Du reste, vivant entièrement retirée, étrangère au mouvement du dehors, ne connaissant plus guère d'autre chemin que celui qui la menait à l'église.

Cet esprit de recueillement que la piété vivifiait, devint pour elle le trésor qui compensa largement ce qu'elle avait abandonné, le jour où elle avait arrêté son choix entre Dieu et les

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avantages terrestres. Sa fidélité aux appels divins ne cessant de lui attirer de plus abondantes faveurs, chaque jour ajoutait à la paix dont elle jouissait. La fréquente communion était la source intarissable de sa consolation et de sa force. « Qu'elle est douce, disait-elle, la présence de Jésus ; qu'elle a de consolations pour l'âme accablée, languissante ! elle apporte une soudaine paix; elle est un baume à toute blessure ! 0 céleste bonheur ! ô délices au delà de toute expression ! t>

« Qui sera mon refuge maintenant?... C'est Jésus!... Jésus, que je trouve partout... jusque dans l'air que je respire! Oui, partout; et dans ce sacrement, sur cet autel , aussi actuellement, aussi réellement présent, que mon âme est présente à mon corps; et aussi, dans ce saint sacrifice, offert maintenant, chaque jour, comme il a été offert un jour réellement sur le Calvaire. Miséricordieux Sauveur, rien se peutil comparer à notre bonheur et à vos bienfaits? Adoré Seigneur, augmentez ma foi , perfectionnez-la, couronnez -la. Elle est votre propre don ; et le plus cher de tous, le plus précieux ! Après m' avoir tirée de l'abîme, portée dans vos bras, à votre bercail, gardez-moi dans vos doux pâturages et conduisez -moi vers la demeure éternelle. »

« Jésus est donc là, nous pouvons aller à lui, le recevoir,.... il nous appartient! Nous pourrions méditer cette pensée et l'approfondir pendant toute l'éternité, que nous n'en saisirions pas encore la réalité, si ce n'est par notre foi. Il est là! pensée céleste, vérité certaine! De même que le pain matériel apaise ma faim , ce pain des anges apaise mes peines, mes soucis; ranime, réjouit, calme et renouvelle tout mon être.

« Je vous possède. Dieu de miséricorde, le meilleur, le plus tendre, le plus aimé de tous les amis ! Toutes mes affections, absorbées en vous, perfectionnées et purifiées par votre amour , en deviennent encore plus actives ! Silence, mon âme: ces choses ne peuvent s'exprimer! Le langage des anges eux-mêmes ne saurait dire quels trésors de paix et de contentement se trouvent en Lui.

« Disons sans cesse son nom d'amour, comme un ravissant murmure. Il nous gardera des bruits discordants qui se font autour de nous. Le reste ne se peut exprimer... L'harmonie du ciel commence pour nous quand le silence se fait sur tout ce qui est du monde , et que nous disons et redisons encore : « Jésus, Jésus, Jésus! »

« Hélas ! hélas ! combien l'appellent par son adorable nom, tandis qu'ils vont le chercher là

OÙ il ne réside pas ; ne voulant pas le reconnaître ici, sur son autel.

« Qui de nous, ayant goûté, ne fût-ce qu'une fois, combien le Seigneur est doux dans son Sacrement et dans son véritable sanctuaire; qui de nous, ayant trouvé le pain qui alimente son âme, la force qui soutient son travail, riioslie de sa propitiation et de ses actions de grâces, son espérance, son refuge, pourrait penser sans angoisse à ce culte dépouillé, dépourvu de consolation, auquel sont réduits ceux qui ne connaissent pas le trésor de notre foi? Triste culte, fondé sur des mots dont ils n'ont rien pris que l'ombre; tandis que nous jouissons de la substance adorable, dans le plus intime de nos cœurs! Culte vide, glacé, quand on le compare avec les délices de notre oblalion de chaque jour, dans laquelle Jésus intercède pour nous ! »

a. 0 mon âme, lorsque la nature infirme succombe; lorsque nous sommes lasse de nousméme, affaiblie de tous côtés, découragée par des rechutes continuelles, accablée de soucis et de tristesse, venons tout mettre à ses pieds, avec suavité et douceur. Réconcihée, encouragée par celui qui le représente sur la terre, tremblante toutefois, et pénétrée du sentiment de nos imparfaites dispositions, approchons-

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