‹ Elizabeth Seton (volume 2)Chapitre 143 sur 225 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

demande avec le plus affectueux intérêt de vos nouvelles. Cher, cher Antonio , prenez soin de vous; pensez à tous ceux qui vous aiment et vous apprécient, sans oublier les chers et si puissants liens de la nature, qui vous réclament plus tendrement encore. »

LA MEME AU MÊME

2 octobre 1805.

« Ma conscience me reproche réellement, mon cher Antonio , de ne vous avoir pas encore écrit à Boston, comme vous me l'aviez demandé. Pour vous dire la pure vérité, j'ai été si occupée à préparer des vêtements d'hiver pour mes enfants, que l'heure que je voulais employer à écrire au meilleur des frères a toujours été prise d'une manière ou d'une autre. Je travaille pourtant jusqu'à minuit, et quelquefois jusqu'à une heure du matin. Si vous pouviez imaginer quelle occupation c'est de raccommoder et retourner ces vieilleries du mieux qu'on peut , pour en faire quelque chose de bon; en continuant, avec cela, d'enseigner à ces petits ce qu'ils sont en état d'apprendre , pendant qu'on les a au bout de son coude, tout le long du jour; vous croiriez ce que je vous dis qu'il m'est plus facile de prier

que d'écrire. Je vous raconte tout cela, pour m'excuser et vous empêcher de me gronder, comme je sais que je le n:érite. Ayez pitié de moi, cher Antonio: pensez que votre pauvre petite sœur est toujours sur le pied de guerre. Votre mécontentement la désolerait.

« Dites-moi plutôt que vous êtes heureux ; que les chers amis dont la société et l'affection vous plaisent tant, vont hien ; et que vous sentez avec gratitude combien Dieu est bon pour vous, en épargnant la ville où vous êtes, tandis que la nôtre est dans la désolation '. Que de fois je Lui ai rendu grâces de ce que vous n'êtes pas ici, et de ce que vous nous avez quittés avant la surprise de cette maladie, car on s'y attendait si peu! Mon cher Tonino aurait pu être retenu un jour de trop! Les chers anges que j'ai fêtés aujourd'hui dans mon pauvre cœur, du mieux que j'ai pu, se sont hâtés de vous faire partir, et vous ont gardé sain et sauf, j'en ai la confiance, pendant ce voyage périlleux. Ils continueront d'être avec vous au milieu des dangers qu'un chrétien rencontre partout; un chrétien surtout qui combat comme vous, pour être bon. Mes chers petits, malin et soir, lèvent leurs mains vers Dieu pour le

1 La fièvre jaune continuait de sévir à New-York. Elizabeth en était partie, elle et ses enfants; elle se trouvait à ce moment à Staten-lsland.

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