‹ Elizabeth Seton (volume 2)Chapitre 144 sur 225 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

cher Antonio; ils demandent que la grâce l'aide toujours à accomplir la sainte et divine volonté, et le conduise dans le royaume céleste. Vraiment, je le demande aussi pour vous, et souvent avec larmes.

« Vous ne sauriez imaginer une créature plus dépourvue de secours extérieurs que moi en ce moment. Plus de chère église, plus aucune de ces consolations qui y sont attachées. Mais malgré toutes ces difficultés accumulées qui pèsent sur le présent et sur l'avenir, Liii, qui vit en mon cœur, ne souffre pas que j'oublie jamais que ce qi^e je sème aujourdliui dans les larmes, sera certainement récolté dans la joie. Celte certitude m'est si constamment présente, elle m'aide à marcher d'un pas si léger à travers les ronces et les épines, que je m'arrête parfois tout à coup au milieu de ma course pour invoquer mon cher Sauveur, et le supplier de m'assurer que ceci n'est pas une tentation, et qu'il n'a pas permis à mon ennemi de me persuader que la yaix est là où il n'y a pas la paix... Il me répon l toujours de ne rien craindre. — « Puisque ta paix, dit-il , est en moi seid , elle ne peut être une fausse paix. » — Du temps que j'étais la femme du cher William, quand il lui arrivait de gémir de ce que j'en faisais trop, c'était ma joie de lui dire: (( L'amour rend le travail léger! » — Avec com-

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bien plus de joie ne dois-je pas Lui parler ainsi, à Lui qui m'est tout à la fois père, époux, frère, ami !

« Gomme vous savez, cher Antonio, je ne puis rien avoir à vous conter, que de ma petite, peu mléressante personne. Il faut que vous me pardonniez cet égoïsme ; et qu'imitant mon exemple, vous me disiez tout ce que vous pouvez de votre âme et du reste. Et maintenant, cher Tonino, prouvez-moi votre vraie affection, en usant de tout votre pouvoir pour caser quelque part mes deux pauvres garçons, si c'est possible. Si vous pouviez savoir dans quelle situation ils sont ici, rien que votre amour pour leur âme, indépendamment d'aucun intérêt particulier pour moi, vous porterait à avoir pitié d'eux, forcés d'entendre jeter le ridicule sur notre sainte religion , la moquerie sur notre Église et sur ses ministres, leur esprit sans cesse menacé du poison des mauvais principes de toute nature. Il n'est pas possible que je sois toujours là pour arrêter le mal, ni même pour le voir.

« J'ai appris avec chagrin la maladie de M. Matignon, auquel je demande la permission d'offrir les plus affectueux respects. Avec ceci, vous trouverez une lettre pour notre cher et vénéré M. de Cheverus. Je tremble toujours, quand je ne puis pas vous faire voir mes lettres.

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