CHAPITRE X
Liverpool, et que le mois prochain je serai de nouveau sur mer, en route pour m'en revenir chez moi par la Hollande. Durant ce temps , si je suis assez heureux pour recevoir de vous, ou de vos enfants, quelques lettres demandant une réponse immédiate ; si cette réponse ne vous arrivait pas, ne craignez rien de ma paresse. Je ne manquerai pas à mes engagements. Ils sont sacrés pour moi. Et comme je suis persuadé que vous me conduirez avec vous, ou après vous, au ciel, je suis résolu à vous conduire saine et sauve à travers les troubles de ce monde. Il faut que tous vos besoins me soient connus. Les soulager sera l'orgueil de mon âme , et mon meilleur passe-port pour le dernier voyage. Je m'en remets pour cela aux soins de M. James Barry, à qui vous voudrez bien présenter mes respects, ainsi qu'à Mme Barry. J'espère qu'ils ont tout arrangé comme il convient, avec l'évêque de Georgetown 1.
« Votre ami et frère pour toujours. »
1 Antonio veut dire ici M. CarroU, évèque de Baltimore, fondateur du collège de Georgetown.
Londres, 3 novembre 1806.
« Chère sœur,
« J'ai reçu, il y a seulement quelques jours, votre lettre du 10 août, longtemps attendue. Si ceux qui sont dans les pleurs méritent d'être appelés bienheureux, vous, ma bien -aimée sœur, vous êtes en effet bienheureuse. Courage et persévérance! Vous le savez, la couronne de glorieuse immortalité attend ceux-là seulement qui auront persévéré jusqu'à la fin. Sans vous sentir arrêtée par la vaine pitié de qui que ce soit, laissez votre nouvelle sainte Cecilia, laissez-la venir prendre rang dans votre famille bienheureuse, et priez pour vos persécuteurs. Votre modération, votre charité, votre courage, votre piété, les feront rougir à la fin. Dieu est votre protecteur. Et moi, votre ami, ne le serai-je pas aussi? Qui donc pourriez-vous craindre? Mon bon ange gardien m'a suggéré d'adresser à mes amis Murray la lettre que je joins à celle-ci, et que je laisse ouverte afin que vous la lisiez, et qu'elle serve à réconforter votre cœur. Ils auront promptement égard, j'en suis certain, à la requête que je