‹ Elizabeth Seton (volume 2)Chapitre 179 sur 225 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

visite à l'adorable Seigneur présent à cet autel ! Mais ici ce n'est plus un seul et solitaire autel , c'est un grand nombre d'autels, que nous allons bientôt voir... Cecilia, ma bien-aimée sœur, il n'est pas de distance pour des âmes unies comme les nôtres ! »

Jeudi soir, fête du Saint -Sacrement.

« Ma chère, chère, chère Cecilia, tout ce que je suis en état de vous dire, c'est qu'une voiture nous a conduites au séminaire... D'abord la grande voix de l'orgue solennel ; après, comme une explosion, les chants éclatants du chœur. C'était le moment où l'on consacrait la chapelle de M. du Bourg. Nous entrons sans proférer une parole, et nous voici prosternées à l'instant ! Une voix ravissante chantait le Ktjrie eleison; on eût dit un concert des anges. Aucune imagination ne saurait vous peindre la splendeur, l'éclat de cette scène; tout ce que je vous ai dit de Florence est comme une ombre auprès. La messe terminée, je me suis trouvée dans les bras de la sœur de M. du Bourg, la plus déUcieuse femme qu'on puisse voir, qui m'a comblée de caresses et d'aimables souhaits. A présent , ce qui m'étonne le plus , c'est d'avoir pu résister à tout ce que je viens d'éprouver de surprise et de bonheur. »

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Vendredi matin 17 juin.

« J'ai reçu mon tout, notre tout. Oh! avec quelle ferveur!... Obtenir tant à la fois! tout réuni à la fois, c'est presque à faire tourner mon pauvre esprit!... Des messes depuis l'aube du jour jusqu'à huit heures... Mon appartement si charmant et si commode. Il touche presque à la chapelle. . . Les vêpres et la bénédiction tous les soirs... Tous les cœurs nous font des caresses. Dans les yeux de chacun, des regards de bienveillance et de paix... Lundi, je vais à Gorgetown voir mes deux chers garçons... Silence, mon âme... Cecilia, ma Cecilia, cette âme elle pousse des cris pour vous avoir. Elle n'est capable de rien sans vous. II faut qu'elle vous réclame à la vie et à la mort.

« Il y a une petite colline ici, derrière la chapelle ; on l'appelle le Calvaire : des oliviers, une croix; et au pied de la croix, déjà quatre tombes. C'est ici le lieu de votre repos , m'a dit M. du Bourg, comme nous passions auprès ce matin. Il faut que ce soit le lieu de voire repos aussi, ma bien-aimée, ma chère Cecilia. Préparez les voies. Eliza ! Henriette ! Serait - il possible! Divin Seigneur, ayez pitié de nous ! »

M. du Bourg avait avec lui sa mère, sa sœur

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