‹ Elizabeth Seton (volume 2)Chapitre 181 sur 225 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

Au moment de l'année où Elizabeth arriva à Baltimore, la saison des vacances allait commencer; aussi ne pouvait-elle attendre aucune élève avant la reprise des classes. Elle employa cet intervalle à s'installer modestement dans la maison qui avait été louée pour la recevoir. C'était un petit bâtiment nouvellement construit , tout en briques , à deux étages , proche le collège de Sainte-Marie. Le loyer se montait à deux cent cinquante dollars pour une année ' ; la place y était suffisante à la rigueur pour loger dix personnes en dehors de la famille d'Elizabeth -. Celle-ci s'y trouva dans un

1 Un peu plus de douze cent cinquante francs. Le dollar d'argent est l'unité monétaire des États-Unis; il se subdivise en cent cents. Le cent est une petite monnaie de cuivre équivalente à un peu plus d'un sou, ancienne monnaie de France. La valeur réelle du dollar est de cinq francs vingt-cinq centimes. Depuis que l'or de la Californie s'est répandu dans le monde commercial, on a commencé à frapper des dollars en or.

2 M. du Bourg avait hésité dans son choix entre cette maison et une autre maison plus grande, pour y réunir les premiers éléments de l'institution catholique qu'il avait l'espoir d'établir avec le concours d'Elizabeth. On aurait pu recevoir trente pensionnaires dans la plus grande des deux maisons ; mais on aurait eu la charge d'un loyer de quatre cents dollars par «an. La cherté de ce prix effraya M. du Bourg. Un peu avant qu'Elizabeth ne quittât New- York , il lui écrivait : « J'incline à croire que la petite maison sera suffisante pour la première année ; d'autant que

liMi ELIZABETH SEÏON

bien-être inexprimable dès le premier jour qu'elle s'y établit.

« Ma vie est si différente de ce qu'elle était, écrivait-elle , que j'ai peine à concevoir que ce soit la même vie. Toutes ces chères petites attentions dont j'étais sevrée entièrement, me sont prodiguées, à toute heure, par la famille de M. du Bourg. Sa mère et sa sœur ne se las-

Je ue suis pas très - désireux de voir le nombre de vos élèves s'accroître avec trop de rapidité. Moins vous en aurez dans le commencement, plus votre tâche sera légère , et plus il vous sera facile d'établir chez vous cet esprit de régularité et de piété qui doit être le ressort essentiel de toute votre œuvre. Il y a dans le pays assez, et peut-être trop, d'écoles mixtes où l'éducation a pour unique objet la culture des dehors brillants. Nous n'avons aucune école, que je sache, où le soin d'acquérir ce qu'il convient de ces dehors, s'allie avec la piété, et lui soit subordonné ; ainsi que cela se doit dans une pieuse institution, telle assurément que sera la vôtre, selon votre désir. Pour atteindre les résultats que nous espérons, mon avis est que vous n'admettiez chez vous que des jeunes filles catholiques, ou du moins que des jeunes filles qui recevront une éducation catholique, leurs parents le permettant. Il est vrai que, dans ces conditions , le nombre de vos pensionnaires sera très-restreint; il faudra peut-être attendre plusieurs années avant que le produit des pensions égale le chiffre des frais. Pour suppléer à ce déficit , il nous faudra compter sur la Providence, qui, par les offres généreuses de vos amis de Livourne, vous a déjà donné un encouragement assez grand pour nous mettre à l'abri d'une accusation de témérité. »

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