CHAPITRE XII
puis plusieurs années. Ce fut h Rome que ce religieux reçut l'onction épiscopale des mains du cardinal-évêque, préfet de la Propagande ; et ce fut à lui que le saint-père fit remettre les bulles d'institution pour les autres évêques d'Amérique, afm qu'il les leur portât. Ces bulles étaient signées d'une main captive. Elles furent écrites comme ces lettres que les apôtres saint Pierre et saint Paul dans les liens adressaient aux premiers fidèles; et ceux à qui ces glorieux captifs les adressaient étaient fortifiés par leurs liens >. A la vérité, l'auguste Pie VII, prisonnier dans son propre palais, gardé à vue par les soldats de son implacable oppresseur -, était encore, à ce moment, entouré d'un semblant de respect. Mais l'heure approchait oii il allait être enlevé de ses États et traîné au loin pour subir les rigueurs d'une séquestration complète '. Les violences qu'on exerçait dès lors envers lui avaient pour prétexte le refus qu'il avait fait de céder aux exigences du dominateur de l'Europe. Tout faible et tout désarmé qu'il était. Pie VII refusait , comme souverain,
1 Philipp. , ch. I.
2 La captivité de Pie VII commença en réalité le jour où Rome fut occupée militairement par le corps d'armée du général iMiollis, 2 février 1808.
3 Le pape fut enlevé du Quirinal dans la nuit du 3 juillet 1809. On l'emmena prisonnier à Savone d'abord.
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d'admettre la suzeraineté d'une puissance étrangère; et comme vicaire d'un Dieu de concorde et de paix, il n'avait voulu ni entrer dans la ligue formée par Napoléon contre l'Angleterre, ni chasser de ses États plusieurs des représentants des nations chrétiennes accrédités auprès du saint-siége, qu'on dénonçait devant lui comme ennemis du gouvernement impérial.
L'effort principal de la politique de Napoléon dès le commencement de sa lutte avec l'Angleterre, eut pour objet de mettre cette puissance au ban des nations ; de telle sorte qu'elle ne trouvât plus en aucun lieu une rade pour abriter ses vaisseaux, ni un port pour débarquer ses marchandises. La prétention d'établir le blocus sur le littoral des États pontificaux n'en fut pas moins un prétexte dérisoire donné à l'agression du César contre le Pape. Mais s'il est vrai de remarquer que cet âpre désir d'isoler l'Angleterre fut seulement un prétexte pour entrer en hostilité contre le faible État pontifical, dont l'attitude importait peu, il n'est pas moins vrai de dire que ce même désir fut la cause très-réelle des mesures violentes qui furent prises par le gouvernement français contre de grandes puissances maritimes et commerciales, notamment contre les États-Unis.
Lorsque la crise eut éclaté sur le continent