‹ Elizabeth Seton (volume 2)Chapitre 194 sur 225 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

Cette lettre, écrite le 20 août, arriva en Italie à la fin du mois d'octobre suivant. Antonio Filicchi trouva quelques semaines plus tard une occasion pour y répondre; il s'empressa de la. saisir. Mais telle était la difficulté des communications en ces temps calamiteux , que sa lettre, écrite le 30 novembre 1808, ne parvint entre les mains d'Elizabeth qu'après une année plus que révolue , le 18 décembre 1809. Pendant ce long intervalle , aucune nouvelle de ses chers Filicchi ne put pénétrer jusqu'à elle, Cette cruelle privation fut le prélude au silence complet qui fit de leur séparation presque comme une mort, durant le temps qui s'écoula de l'année 1810 au printemps de l'année 1814.

Nous allons voir une fois encore qu'il n'était pas dans les desseins de Dieu sur Elizabeth de la laisser se reposer au sein de quelque joie, si pure qu'en fût la douceur. Dès l'automne qui suivit son arrivée à Baltimore, elle reçut de New-York les plus affligeantes nouvelles. Cecilia était de nouveau malade. On désespéra d'elle pendant plusieurs jours; puis survint un mieux qui n'était qu'apparent, mais qu'on crut réel. Délivrée d'une inquiétude qui l'avait absorbée tout entière , Elizabeth put ouvrir son cœur à la joie d'une consolante nouvelle : on lui apprenait que Cecilia maintenant était dou-

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cernent traitée parmi les siens. La crainte de la perdre avait réveillé chez ses parents une tendresse qui ne demandait qu'à renaître. On l'entourait de soins prévenants, on lui prodiguait les marques d'affection comme au temps où on l'appelait « l'idole de la famille ». Après trois années de rigoureuse séparation , on lui avait enfin permis de revoir Henriette. Tristesse ou joie, quoi qu'il leur arrivât, la première pensée des deux sœurs était d'y associer leur Elizabeth.

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