‹ Elizabeth Seton (volume 2)Chapitre 213 sur 225 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

de la Virginie, à Richmond, où peu de temps auparavant un prèlre catholique avait été forcé de demander à un déguisement d'emprunt la sûreté de sa propre personne.

Une des premières occupations.de M. Dubois, dès son arrivée en Amérique, fut d'apprendre la langue du pays. Patrick Henry lui donnait des leçons ; le fougueux orateur, transformé par son affection, sincère bien que nouvelle, devenait un maître patient qui prenait plaisir à faciliter la tâche de son élève. Sitôt qu'il eut acquis quelque habitude de l'anglais, M. Dubois vint prier M. CarroU de disposer de lui. Ce fut alors que l'éminent évêque lui demanda de desservir les populations qui environnent Frederick, Montgomery, Winchester, et Hagerstown. A partir de 1794 jusqu'en 1808, le nouveau pasteur fut continuellement occupé à passerd'une station à l'autre pour administrer les sacrements, prêcher la parole de Dieu, catéchiser la jeunesse. On peut juger de ses labeurs par l'étendue du champ de son activité, qui ne comprenait pas moins de cinquante milles sur soixante. Sa résidence, ou plutôt l'abri de ses séjours, quand il leur pouvait donner une ombre de durée , était à Frederick, ville naissante, qui lui a dû la construction de sa première église. A cette époque, la contrée environnante n'offrait qncore que de légères traces de

culture; autour desquelles la forêt sauvage étendait son cercle de toutes parts. Emmettsburg n'était qu'un petit village dépourvu d'église. Une fois par mois seulement, à certains jours fixés d'avance, les catholiques se réunissaient dans la montagne, à une distance d'environ deux milles du groupe des maisons principales. Il y avait là une sorte de chapelle qu'on avait disposée dans une des chambres d'une ferme. M. Dubois y venait célébrer la messe et donner une instruction.

A la fm de l'année 1805, les colons d'Emmettsburg, voulant bâtir une demeure pour leur bon prêtre, demandèrent assistance à leurs frères de Frederick. Les deux congrégations se réunirent sur le versant de la montagne, et défrichèrent ensemble un espace de terrain suffisant pour y construire une loghouse, — maison en bois grossier, — composée de deux pièces, à un seul étage. Au printemps suivant, on se réunit de nouveau, et l'on commença à bâtir non loin de la maison , sur une des pentes qui la dominent, une éghse en briques, qui fut achevée en 1808.

Cette même année, M. Dubois, pendant qu'il faisait sa retraite chez les prêtres Sulpiciens du séminaire de Baltimore, demanda à M. Nagùt,leurvénérablesupérieur,d'être agrégé à la Compagnie; précieuse faveur qu'on fut heu-

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