CHAPITRE XIV
leux de lui accorder sitôt qu'on eut reçu de France l'agrément demandé à M. Emery.
Le zèle du nouveau Sulpicien eut bientôt à s'exercer à servir la Compagnie dans un de ses premiers intérêts. M. du Bourg, dont il était confrère maintenant, étant venu le visiter au milieu de ses montagnes , fut charmé de la beauté du pays et du calme de cette solitude. L'idée lui vint qu'on pourrait y établir un petit séminaire, où l'on formerait des professeurs , et où l'on préparerait des vocations pour la maison de Baltimore. Une prompte exécution suivit ce projet. On acheta un lot de terrain , et l'on se mit à construire de vastes bâtiments au bas de la montagne, dans le voisinage de l'éghse et de la petite résidence de M. Dubois. Plus tard on s'étendit dans une clairière au milieu de la forêt. Le nouvel établissement prit le nom de séminaire du Mont-Sainte-Marie, et reçut, tout inachevé qu'il était, seize jeunes séminaristes que Messieurs de la Compagnie y amenèrent au printemps de l'année 1809. Tels ont été les commencements de ce séminaire, qui devait prendre un si rapide accroissetnent , et devenir une pépinière si féconde pour la science et la religion aux États-Unis. M. Dubois en fut nommé supérieur. Il accepta de grand cœur ce fardeau, bien qu'il portât le poids déjà trèslourd de sa charge pastorale.
4S2 ELIZABETII SETON
L'emplacement qui fut choisi dans la vallée d'Emmettfburg pour la mai.-on d'Elizabelh Selon, se trouvait à deux milles environ des terrains sur lesquels on avait construit le séminaire du Mont-Sainte-Marie. Il y avait là une petite ferme qu'on acheta d'un colon nommé Robert Fleming, ainsi qu'une maison de pierre, qui forme aujourd'iiui à peu près la moitié du lavoir de la communauté actuelle. La ferme et la maison devaient plus tard servir de dépendances pour l'habitation, beaucoup plus grande, qui recevrait la communauté. Pour les approprier à leur nouvelle destination , il y avait des travaux à faire qui devaient exiger d'assez longs délais. Ou les commença, et pendant ce temps Elizcibelh, qui n'avait point quitté Baltimore, vit arriver successivement, comme aspirantes à la future communauté, M"cs Maria Murphy' avec Marie -Anne Butler, de Baltimore, et M'i° Suzanne Clossy , de New-York. La divine bénédiction se manifestait sur son œuvre, éclatante à tous les yeux ; et d'autre part, dans le secret, Dieu disposait pour la seconder et prêtes à se réunir à elle, plusieurs âmes d'é-
1 Maria Murphy, d'oiigine irlandaise, était Dièce de Matthew Carey, de Philadelphie, cél^hre dans l'Union par son active philanthropie et p:n' sa résistance conirel'o[ipression britannique au moment de la guerre de l'Indépendance.