‹ Elizabeth Seton (volume 2)Chapitre 215 sur 225 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

lite, qui la faisaient confidente de leur bonne volonté. « La perspeclive qui s'ouvre devant moi, écrivait-elle, est vrainnent célesle. Qui pourrait dire ce que i'a pprends chaque jour de la piété de ces chères âmes , dont toute la joie sérail de se réunir sous ma bannière, qui n'e-t autre que la croix de Jcsuî-Christ? Je me vois partout saluée du titre de mère. Ce doux norn, je le rencontre sur des le vres étrangères, qui ne m'avaient encore jamais adressé mémo uu simple salut. ))

Elle recevait également, et de toutes paris, les encouragements du c lergé, si précieux pour elle. — « Que la Providence est admirable dans ses desseins! s'éctiait M. de Cheverus; déjà je vois les chœurs nombreux des vierges qui vous {suivent à l'autel. Voici votre congrégation bénie qui se propage dans toute la région des États-Unis. Elle répand au loin le parfum de Jésus - Christ ; elle enseigne, par l'exemple d'une vie angélique et par l'autorité d'une pieuse doctrine, comment on doit servir Dieu en toute justice et sainteté. »

L'Église d'Amérique avait sujet de se réjouir en voyant nailre dans sou sein cette communauté nouvelle. Jus(ju'alors il n'avait existé, dans l'immense étendue des Étals- Unis, que trois maisons religieuses pouvunt servir de retraite à de pieuses femmes, filles ou vuuves.

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La plus ancienne de ces maisons, celle des Ursulines consacrées à l'éducation des jeunes filles, avait été fondée à la Nouvelle-Orléans en 1727, alors que la Louisiane appartenait encore à la France. Or, entre la Nouvelle-Orléans et la capitale du Maryland, la distance n'est pas moindre que d'un millier de milles. C'est un intervalle à peu près égal à celui qui sépare Constantinople de Paris. Quant aux deux autres couvents, ils appartenaient aux anciennes colonies anglaises de l'Amérique septentrionale. L'un, celui de Porto -Tobacco, dans le comté de Charles, État du Maryland, servait d'asile à des Carmélites; l'autre, celui de Georgetown, dans le district de Columbia, était occupé par des religieuses de la Visitation, qui se dévouaient aussi à l'éducation de la jeunesse.

La famille spirituelle d'Elizabeth se composait déjà de quatre pieuses filles réunies auprès d'elle, lorsque M. Carroll voulut lui conférer solennellement la mission de conduire cette communauté naissante. Lui-même il vint la bénir et la saluer du titre de mère, qu'à partir de ce moment elle ne devait plus quitter. Pour donner à cette bénédiction une solennité plus grande, et pour associer les prières de son clergé à ses propres vœux, le pieux archevêque s'était fait accompagner de plusieurs de

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