‹ Elizabeth Seton (volume 2)Chapitre 217 sur 225 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

jusqu'à lui sacrifier les joies de sa jeunesse et le repos de sa vie , la dédommagea dès ici-bas par un pur et complet bonheur. Sans qu'aucun de ceux qui l'entouraient y eût pris garde, sans qu'elle-même s'en fût aperçue, tant d'efforts qu'elle avait faits pour accepter avec douceur un état d'incessantes contrariétés, avaient exercé sur sa santé un funeste effet. Quand on découvrit qu'elle était atteinte d'un mal déjà grave, il était trop tard. L'air et le soleil avaient fait défaut à -cette plante délicate, elle avait dépéri trop longtemps, et ne pouvait plus que languir. La tristesse de ses parents fut extrême. Ils essayèrent tout ce qui était en leur pouvoir pour arrêter les progrès du mal qu'ils avaient fait à leur insu. Désormais Cecilia n'aurait plus de contrariétés à craindre. Le moindre de ses désirs, à peine exprimé, serait entendu.

Elle demanda seulement qu'il lui fût permis d'aller rejoindre Elizabeth. A l'instant on lui en facilita les moyens. Sans parler d'une personne attachée à son service , on lui donna pour l'accompagner Henriette, qui depuis quelque temps s'était constituée sa garde-malade, et son jeune frère Samuel. Le docteur Guy Carleton Bayley, un des frères d'Elizabeth ', se prépara à la

1 Né du second mariage do Kichard Bayley avec M"" Barclay.

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suivre aussi. Elle était mourante à demi, lorsqu'elle fui transporlée, au milieu des larmes de toute sa famille, à bord du navire qui devait remmener. De violents fiissons la saisirent srlôl qu'elle fat entrée dans sa cabine. Mais dès le lendemain l'air de la mer, la distraction autour d'elle, plus encore lo contentement qu'elle éprouvait, amenèrent un mieux sensible dans son état. Elle reprenait couraçje et vigueur à mesure qu'elle approchait de Baltimore. La vie semblait revenir vers elle avec son tardif bonheur.

Les ravages que son mal avait produits étaient pourtant si visibles, qu'ils glacèrent d'cflVoi le cœur d'EIizabeth , accourue toute j'iyeuse au-devant d'elle pour la recevoir. Quant à Cecilia, du moment qu'elle se retrouva entre les bras de sa sœur, elle n'eut que transports de joie, qu'elTusions de tendresse, qu'élans de son âme remplie de gratitude envers Dieu. Aucune ombre menaçiUle, aucun pres.-eniiment ne vint assombrir pour elle celle heure radieuse.

Les forces qu'elle avait retrouvées durèrent peu; sa langueur et sa faiblesse reJevinrent extrêmes. Après im court séjour à Baltimore, son frère S unuel s'éloigna ; mais il laissa Henntlle auprès d'elle. A quelque lem; s de là, les médecins qui la soignaient voulurent qu'on

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