‹ Elizabeth Seton (volume 2)Chapitre 218 sur 225 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

lui fit respirer i'air vif de la campagne. Il fat ausàilôl résolu qu'on la conduirait dans la montagne d'Emmeltsbuig. La mère Selon désira l'y accompagner; elle emmena également Henrielte, Anna et la sœur Maria Murphy. On se mil en route le 21 juin.

La joie d'avoir avec elle ses deux jeunes sœurs, l'espérance qu'un peu de bonheur et de tendres soins pourraient rétablir sa bienaimée malade, ouvraient le cœui" d'Elizabeth aux impressions les plus heureuses. Dans ce petit voyage de Baliimoroà Ernmeltsbuig, par les plus belles journées de la saison , à travers un ravissant pays, elle retrouva quehjues éclairs de cet aimable enjouement qui faisait le fond de son caractère, avant qu'elle n'eût été ployée sous les coups de l'adversité. Entendons-la parler elle- njêine. « Nous avons été obligées de faire presque toute la roule au pas de nos chevaux. Nous-mêmes, nous en avons fait à pied la bonne moiiié; nous toutes, excepté Cecilia. La chère malade s'amusait fort de voir celle procession qui l'accompagnait. Les naturels du pays ouvraient de grands yeux sur notre passage, en nous voyant cheminer ainsi en avant de la voilure. Leurs chiens et leurs cochons venaient au-devant de nous. Jusqu'aux oies, qui allongeaient leurs cols, d'un aii' questionneur, comme pour nous demander si nous

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n'étions pas un peu de leur espèce? A quoi nous ne leur avons pas répondu non. »

Après deux jours d'une agréable marche, on atteignit Emmettsburg. Ni la maison qu'on avait achetée de Robert Fleming , ni la ferme tout auprès n'étaient en état d'être habitées. Les ouvriers qui s'en étaient emparés pour leurs travaux en avaient fait un lieu de désordre et de confusion. On n'y eût pas trouvé un seul meuble. Les nouvelles arrivées furent fort heureuses d'accepter l'asile qui leur fut offert par M. Dubois, dont l'hospitalité était passée en proverbe dans le pays. Il mit à leur dispoposition sa petite résidence dans la montagne. C'était, si l'on s'en souvient, une maison en bois, une log-hoiise, avec un rez-de-chaussée à un seul étage, composé de deux pièces. Au bout de quelques jours, cette humble demeure vit encore arriver Catherine et la petite J\ebecca, sa sœur. On fut alors plus qu'au complet: bien entassées, bien gênées; mais si le gîte était étroit, les cœurs étaient à l'aise et les esprits joyeux.

Les forces de Cecilia lui revenaient à vue d'œil. Bientôt elle put s'aventurer au dehors et faire de longues promenades sous le gai soleil de juin. On la voyait tous les jours, accompagnée de ses deux sœurs, qui remontaient doucement les pentes de la montagne. Ello parcou-

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