CHAPITRE IV
nous. Le maître d'hôtel est empressé à me faire plaisir , comme pourrait l'être ma bonne Mary elle-même. Il y a ici un cher petit enfant de huit mois qui m'arrache des soupirs pour ma pauvre petite Rebecca. Mais comme je le disais à mon William : je ne regarde jamais en avant ni en arrière; je regarde en haut. Là est mon repos. t>
En mer, 3 octobre, à 10 heures du soir.
« Henry nous quitte. — Tout va bien. — Ma confiance est dans le Tout-Puissant. On nous menace d'une tempête; mais avec Lui, je ne crains rien. Bénissez-moi pour mes filles chéries ; embrassez mes chers petits. »
Une autre lettre d'Elizabeth, écrite pendant la traversée, nous montre son cœur aussi ferme , aussi paisiblement soumis à la volonté de Dieu.
En mer, 28 octobre 1803.
« Nous avons maintenant dépassé les îles occidentales qui se trouvent exactement à michemin entre New-York etLivourne '. D'heure en heure nous espérons la rencontre de quel-
' Les lies Acores.
que navire qui se chargera de nos lettres. Je suis bien sûre que ma chère Rebecca est la première à désirer de nos nouvelles Je vous écris donc ; mais quand je vous aurai appris que mon cher William va mieux de jour en jour, et que ma petite Anna se porte bien, et moi aussi, je crois que je n'aurai plus rien de bien intéressant à vous conter. Si j'osais me laisser aller à mon enthousiasme, et chercher à l'exprimer par des paroles, un cahier entier ne suffirait pas à vous dire mes folles joies en contemplant le lever du soleil, son coucher, les clairs de lune. etc.
« Il est un autre sentiment que vous partagerez avec moi , et qui absorbe mon âme tout entière: c'est le tendre , le paisible, le suave amour qui surnage sur chaque moment, sur chaque heure de ma lourde épreuve. Vous me comprenez, parce que vous savez combien sont heureux ceux qui se reposent en notre Père céleste.Plus de luttes alors; plus de pensées de découragement. L'espérance la plus confiante, la paix la plus consolante, n'ont point cessé d'accompagner mon chemin , me soutenant à travers de tels dangers , de telles tempêtes, que toute âme qui n'aurait pas eu le Christ lui-même pour rocher eût été véritablement terrifiée. »