‹ Elizabeth Seton (volume 2)Chapitre 47 sur 225 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

de la mer semblables au tonnerre. — Passé cette soirée comme la précédente ; mais tout à fait réconciliée avec les verrous , les barreaux, la sentinelle en faction. Mon flambeau ne me fait plus peur; d'ailleurs, autour de nous, il n'y aurait rien à brûler que le volet de la fenêtre. »

Mercredi 23 novembre.

« Non-seulement je suis résolue à porter ma croix, mais je l'ai baisée. Mais à ce même moment, tandis que je rendais gloire à Dieu de ses consolations, mon pauvre William a été pris d'une crise presque au - dessus de ses forces. Il m'a dit, comme déjà plusieurs fois, qu'il n'y avait plus rien à faire pour lui, que ses forces s'affaiblissaient d'heure en heure; qu'il s'en allait peu à peu, et qu'il n'irait pas loin. Ceci pour moi seule. Avec ses amis, il est tout à fait gai. Il n'est plus en état d'aller jusque vers eux ; on les admet au seuil de notre porte , avec défense de toucher à la plus petite chose qui nous ait approchés. Le bout du bâton de notre capitano averti mon pauvre William de demeurer à distance au moindre mouvement qu'il fait vers eux dans l'ardeur de la conversation. C'est tout à tait, comme dans mon enfance , QU.\ND ON

ALLAIT VOIR LES LIONS!!! — Un des gardiens a apporté de l'encens dans un vase, pour purifier l'air. — Au coucher du soleil, une demiheure de calme ; Anna et moi avons chanté les hymnes de l'Avent, à mi-voix. — Après que tout a éié endormi, j'ai récité seule notre cher office ; ce que William n'a pu faire aujourd'hui. J'ai puisé là de célestes consolations, oubliant la prison , les verrous et les chagrins. J'aurais vraiment pris plaisir à chanter dans la prison les louanges du Seigneur avec saint Paul et Silas *. »

Jeudi 24 novembre.

c< Je regarde ma position actuelle comme un trésor. Si mon corps est en prison , mon âme est en liberté. En un tel état de liberté, que tant que ce corps et cette âme seront unis sur la terre, je ne goûterai peut-être jamais plus rien de pareil. Tout moment que je n'emploie pas comme garde-malade, ou à lire mes chers livres, m'est une perte, — Anna est si heureuse

1 « Ils se saisirent de Paul et de Silas... et après qu'on les eut frappés de coups, ils les envoyèrent eu prison. — Le creôlier les mit au fond de la prison, et leur serra les pieds dans des ceps. — Sur le minuit, Paul et Silas se mirent à prier et à chanter les louanges de Dieu ; et les autres prisonniers les entendaient. » — Actes des Apôtres, ch. xvi.

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