‹ Elizabeth Seton (volume 2)Chapitre 83 sur 225 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

valent vers Dieu , s'unissant à l'auguste sacrifice afin d'être favorablement reçues par les mérites de Celui qui s'est donné lui-même à nous. Avec quelle ardeur je désirais d'être à lui! Comme de grand cœur j'aurais affronté tous les chagrins qui m'attendent, pour obtenir de participer à ce corps sacré et à ce sang précieux! Mon Seigneur! mon Sauveur! Antonio et sa femme!... Leurs adieux! leur séparation et leur communion en Dieu!... Pauvre créature que je suis! Mais quoi! ne Lui ai-je pas demandé de me donner leur foi?... Ne Lui ai-je pas tout offert en retour pour un tel don?... La petite Anna et moi, nous avions d'étranges larmes de joie et de tristesse. Mon Dieu, épargnez-moi, ayez pitié de moi! »

8 avril. — Continué à bord du Fiammingo.

« Quand nous rentrâmes à la maison , nos cœurs étaient agités de mille impressions différentes. Pour moi, j'étais partagée entre la douleur de dire adieu à ces incomparables amis et à leurs chers anges que j'aime si tendrement, et la joie de m'embarquer de nouveau pour revenir vers vous. Nous étions tous sur le balcon. Tandis que j'embrassais la chère Amabilia pour la dernière fois, le soleil parut à l'orient

dans toute la gloire de ses rayons. Nos pensées s'élevèrent à sa vue vers l'heure où le Soleil de justice se lèvera et nous réunira dans l'éternité.

« Le dernier signal était donné , le batelier nous attendait. Mon bon frère Antonio soutint l'angoisse du départ comme un homme et comme un chrétien. Ame virile et chère qui, à cette heure, m'est apparue vraiment faite, comme dit l'Écriture, à l'image de Dieu!

« FiUppo Filicchi et Guy Garleton nous attendaient à la Santé avec des lettres pour l'Amérique.

« Les derniers vœux et les adieux de FiUppo, couronnement de ce qu'il a toujours été, le plus véritable ami! Oh ! Fihppo, vous n'aurez pas à porter témoignage contre moi ! Que Dieu vous bénisse à jamais, et puissiez -vous un jour briller comme les astres, en récompense de ce que vous avez fait pour nous ! »

Journal d'Elizabeth, écrit à bord du Fiammingo. — Rencontre avec la flotte anglaise. — Le droit de visite à la mer, — Préoccupation d'Elizabeth pour sa fortune et celle de ses enfants. — Négociation entre les États-Unis et la France pour la cession de la Louisiane. — Indemnité stipulée eu faveur des commerçants lésés dans les dernières guerres maritimes. — Arrivée d'Elizabeth h. New-York. — Maladie et mort de sa belle -sœur Rebecca.

JOURNAL D ELIZABETH (Écrit pour sa belle-sœiir Rebecca Selon.)

A bord du Fiammingo, 8 avril 1804.

« A huit heures, j'étais paisiblement assise sur le pont, avec la petite Anna et le cher Antonio. L'ancre était levée; le cri chantant des matelots , le cher yo! xjol se faisait entendre de toutes parts. J'ai senti se réveiller en moi le souvenir du 3 octobre de l'année passée , avec

une douleur si poignante, que je ne croyais pas qu'il fût possible de la supporter. Trèscher William , où es-tu maintenant? Je perds de vue la terre où reposent tes restes chéris , et ton âme est dans cette immensité lointaine, làhaut... où je ne puis aller te trouver. Mon Dieu! mon Père!... Et cependant, combien ne doisje pas chérir les dispositions de votre providence ! Être conduite à une si énorme distance, dans une poursuite désespérée ; soutenue des consolations de votre grâce , à travers une suite d'épreuves où la nature, abandonnée à elle-même, aurait succombé; amenée à la lumière de votre vérité, quand les premières affections de mon cœur et de ma propre volonté lui étaient opposées; secourue et recueillie par l'amitié la plus tendre tandis que j'étais si loin de tous ceux que j'avaisjusqu'alors aimés ! 0 mon Père et mon Dieu ! souffrez que je vous bénisse tant que je vivrai ; souffrez que je vous serve et vous adore tant que je respirerai ! »

19 avril.

(( En mon Dieu est mon refuge. En mon Dieu est la force de mon espérance. Si le Seigneur ne m'avait secourue , ceitainement moti âme aurait été réduite au silence. Mais, à

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