‹ Elizabeth Seton (volume 2)Chapitre 82 sur 225 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

gouvernante. Croiriez -vous que chaque fois que nous sortons pour la promenade, nous allons d'abord à quelque église ou chapelle de couvent que nous trouvons sur notre chemin. Nous les reconnaissons de loin à la croix qui les surmonte; nous y faisons une petite prière, et nous poursuivons. Ici, tous les hommes, comme les femmes , visitent ainsi les églises. Vous savez : chez nous, un homme aurait honte si on le voyait à genoux, surtout un autre jour que le dimanche. Oh! ma chère!.... mais je vous verrai bientôt. Encore deux jours, et nous partons pour revenir vers vous. »

6 avril.

« La douce soirée de ce jour, une soirée vraiment céleste , me fait penser au temps où , si souvent appuyées l'une contre l'autre, nous suivions des yeux le soleil à son déclin ; parfois avec des larmes silencieuses, et tant de soupirs vers cette patrie où la tristesse n'a point d'accès. Hélas! je vais retrouver ma patrie sur terre! Qu'aura-t-elle à m'offrir? une foule de chagrins? J'en parlais l'autre soir avec Antonio FiUcchi; il me dit dans son anglais un peu brusque : « Ma petite sœur , le Dieu tout-puissant sourit de vos chagrins. Il prend soin des petits oiseaux , il fait croître les lis des champs,

et VOUS craignez qu'il ne vous oublie ! Je vous dis qu'il prendra soin de vous, » Je l'espère ainsi, très-chère Rebecca... Vous souvenezvous que nous avions coutume d'envier les pauvres, parce qu'eux n'ont rien à faire avec ce monde? »

s avril.

« Cette heure est la dernière que je passerai à Livourne. Oh ! pensez combien ce cœur tremble ! — Les étoiles étaient encore toutes brillantes au ciel, quand M™"^ Filicchi est venue me dire que nous allions entendre la messe ; et puis qu'elle se séparerait de son Antonio. Oh! l'admirable femme ! Gomme nous entrions dans l'église *, le canon du Fiamiyiingo donna le signal ; nous devions être à bord dans deux heures. Quelques instants après, nous étions tous prosternés en la présence de Dieu.

« Mon âme , que l'offrande de ce sacrifice fut solennelle ! Je demandai bénédiction pour noire voyage, pour mes enfants chéris; pour mes sœurs, pour tout ce qui m'est cher; plus encore, pour l'âme de mon cher mari et pour l'âme de mon père. Nos ferventes prières s'éle-

i Daus l'église di Santa Caterina, devant l'autel de la chapelle déJiée à saint Vincent Fenier : c'est la piemière chapelle à droite en entrant.

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