‹ Elizabeth Seton (volume 2)Chapitre 86 sur 225 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

porter mes nombreuses fautes et ma désobéissance à votre sainte loi. Mais quelle que je sois, misérable, en haine à moi-même, pécheresse, vos perfections ne changent jamais ; voire bonté et votre miséricorde ne connaissent point de limites. Sentant que je suis indigne, même de parler de vous , je ne laisserai cependant pas de vous bénir pour m'avoir épargné si longtemps la punition qui m'était justement due ; je ne laisserai pas d'adorer toujours cette infinie miséricorde, qui m'a offert tant de moyens de salut , bien que ma nature , portée au mal, en ait fait un si mauvais usage. 0 Seigneur Jésus ! soyez encore miséricordieux à cette pécheresse misérable. »

23 mai.

o; Le corail dans l'Océan est une branche d'un pâle vert. Retirez-la de son lit natal, elle devient ferme, ne fléchit plus, c'est presque une pierre. Sa tendre couleur est changée en un brillant vermillon : ainsi de nous, submergés dans l'océan de ce monde, soumis à la vicissitude de ses flots, prêts à céder sous l'effort de chaque vague et de chaque tentation.

« Mais aussitôt que notre âme s'élève, et qu'elle respire vers le ciel , le pâle vert de nos

maladives espérances se change en ce pur vermillon du divin et constant amour. Alors « nous regardons le bouleversement de la nature et la chute des mondes avec une constance et une confiance inébranlables. »

La flotte anglaise que le Fiammingo n'avait pu éviter dans les eaux du golfe de Valence faisait partie de cette formidable armée navale que l'Angleterre avait opposée à la France après la rupture de la courte paix d'Amiens. Nelson, le futur vainqueur de Trafalgar, la commandait. A cette époque, cinq cent soixante-dix vaisseaux de guerre de toute espèce, appartenant à la marine anglaise , couraient l'Océan et bloquaient tous les ports de la France. Les rares navigateurs qui s'aventuraient dans ces parages pouvaient voir le pavillon britannique flotter dans toutes les directions à l'horizon, pour épier la sortie des navires, comme ces oiseaux de proie qui planent au-dessus des airs K

Les Anglais ont toujours admis le droit de visite à la mer, c'est-à-dire le droit d'arrêter un vaisseau neutre ou ami, et de lui enlever les propriétés appartenant à un ennemi. Ils l'ont admis, et Font soutenu avec la ténacité

1 Voir sir Walter Scott , Hist. de Napoléon Buonaparte.

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