CHAPITRE XXI
mat des États-Unis. Son sacre eut lieu le 14 décembre 1817. Il le reçut des mains de M. de Cheverus.
Quelques mois avant la mort de M. CarroU, les Sœurs de Charité de Saint -Joseph avaient tenu leurs élections pour la seconde f(jis. Leur choix s'était fixé de nouveau sur Elizabeth Selon, réélue Mère supérieure. C'était dans l'été de 1815. A ce moment, son cœur, trèsému de sa récente séparation d'avec son fils "William, se remplissait encore d'inquiétude pour les jours de sa petite Rebecca. Cette élection, ce choix, que la communauté entière, religieuses, novices, élèves, enfants, saluait avec bonheur, attrista celle qui en était l'objet. Déjà, nous l'avons vu, depuis la mort d'Anna, Elizabeth, ébranlée dans sa santé, abattue et découragée au fond du cœur, n'aspirait plus que vers le repos, la solitude, et, s'il est permis de le dire en parlant d'une vie si cachée, vers une obscurité plus profonde. Mais éloignant d'elle toute hésitation, son humble obéissance à la volonté de Dieu lui fit accepter le fardeau qui lui était offert. Ne rien demander, ne rien refuser, était une des saintes règles de sa conduite.
La seconde mission des Filles de la Charité en dehors de la maison mère eut lieu peu de temps après les élections. Trois d'entre elles II. 7
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furent envoyées au séminaire du Mont-Sainte- Marie, (( animées, dit la mère Seton, du désir d'apporter quelque soulagement aux pénibles soins de leur cher supérieur, et de se dévouer au service de son intéressante maison , en échange de tant de peines qu'il avait prises pour la maison de Saint -Joseph. » L'arrivée des Sœurs fut, en effet, un grand soulagement pour le digne M. Dubois. Ce furent elles qui désormais eurent le soin de l'infirmerie, de la lingerie et de la plupart des détails de l'administration intérieure. Le bel ordre qu'elles firent régner dans toutes les branches des services qui leur furent confiés, contribua beaucoup à la prospérité du Mont -Sainte -Marie et au bien-être de tous ceux qui s'y trouvaient.
Cette maison du Mont -Sainte -Marie, on pouvait vraiment l'appeler la maison de M. Dubois. Lorsqu'il la quitta après y avoir vécu dix- sept années, il l'avait construite trois fois. La première fois en bois ; la seconde fois en pierre, du fruit de ses épargnes; et après, comme elle avait été brûlée « par un de ces accidents qu'il n'est pas donné à la prudence humaine de prévoir ', » il dut la rebâtir en-
1 Lettre de M. Dubois. 16 mars 1830. Voir Annales de l'Association de la Propagation de la Foi, n» XXII. Missioas de New- York.