CHAPITRE XV 2o
corde, la fréquente réception des sacrements. Dès le matin, une des premières à la chapelle, empressée tout le reste du jour à demander sa part dans les pieuses occupations de la maison ; le visage rayonnant de la sainte joie de son âme, plus encore que de l'éclat de sa merveilleuse beauté, elle faisait l'édification des Sœurs, qui se plaisaient d'avance à la regarder comme une d'entre elles. Personne ne prévoyait alors que cet être si aimable et si aimé allait bientôt disparaître. Elle était là. Sa bien-venue à tous souriait. On oubliait, rien qu'à la voir, cette fragilité qu'a toute vie mortelle ; le monde croyait la garder longtemps ; mais elle était déjà un fruit mûr pour le ciel.
Cette lettre fut remise à la mère Seton vers le 15 décembre 1809. Antonio l'avait écrite treize mois auparavant, le 30 novembre isp.
« Ma bonne et bien-aimée sœur,
« Vos deux lettres, l'une datée de Baltimore, le 8 juillet; l'autre, du 20 août ', sont là devant moi. Je suis extrêmement heureux de vous
1 Le 8 juillet et le 20 août 1808.
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savoir loin de New -York, au milieu de vrais chrétiens, entourée de vos enfants, sous la sainte direction et le digne patronage de ceux dont vous me parlez. Pour fonder cet établissement, qui vous est conseillé, et qu'approuvent si fort mes chers Cheverus et Matignon, vous voudrez bien tirer sur nos amis J. Murray et fils, de New- York, pour une somme de mille dollais, que vous inscrirez sur le compte, en l'autre monde, de votre frère Filippo et de votre frère Antonio. S'il est besoin de davantage, vous êtes invitée par commandement formel à me le mander tout franchement et positivement. Vos prières ont tellement fait prospérer nos affaires ici -bas, que, malgré tous les embargos, malgré tous les troubles poiïtiques et commerciaux qui ont causé et causeront encore tant de ruines complètes, nous possédons de plus grandes ressources qu'auparavant, grâce à Dieu; et avec cela, la même inaltérable affection pour t^ous.
« Mon Amabilia et tous mes enfants, Giannina, Esternina •, Patrizio, Giorgino et Nicolino, sont en parfaite santé. Soyez certaine qu'aucun des Filicchi n'a oubUé ni n'oubliera jamais Mn^^ Marie-Elizabeth-Anna Seton. Priez seulement pour nous, et en particulier pour
1 Mariées plus tard :raiaée, à M. BorgMui, de Livourne; la seconde, à M. Giovaiiuiiri, de Florence.