‹ Elizabeth SetonChapitre 146 sur 185 · CHAPITRE XXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIII

qui avait exercé le saint ministère avec lui pendant vingt -cinq ans en Amérique '. Je vous enverrai les témoignages si parfaits de sa tendresse paternelle que renfermait sa dernière lettre , écrite avant la sainte et bienheureuse mort de M. Matignon. Depuis, la Providence miséricordieuse lui a envoyé un digne auxiliaire; mais rien ne saurait faire oublier 'la perte d'un tel ami.

« Ici nous allons bien. Les succès et les progrès de notre école et de l'école de nos orphelins laissent voir que la main de Dieu est là... La mort, il y a quelque temps, est venue tout contre moi me montrer ses dents en grinçant , et me menaçant de sa visite. Je lui ai montré son Maître, et j'ai remis tout entre les mains de Notre-Seigneur , le plus joyeusement. Que seulement mon Richard se conduise bien , je n'ai pas d'autre souci. William, pendant le

1 M. Matignoa mourut le 19 septembre 181S, entre les bras de M. de Cheverus. La vénératiou dont il s'était rendu l'objet parut à ses obsèques d'une manière éclatante. Le cercueil qui le renfermait fut porté processionnellement dans la ville, au milieu des chants de la douleur. L'évèque, M. de Cheverus, suivait le convoi, la mitre en tète, eutouré de tous les catholiques eu pleurs. Quelque inusitée que fût cette cérémonie funèbre, les habitants de la ville l'honorèrent par leur respect. « On eût dit que ce jour-là tout Boston était catholique. » Voir la Vie du cardinal de Cheverus.

temps qu'il a passé ici, a édifié et charmé tous les amis de ses jeunes années , par sa conduite des plus sages et des plus chrétiennes. Kitty, mon unique fille maintenant, est appréciée et chérie de tous pour sa piété et pour sa bonne conduite. Vous voyez donc, cher Antonio, que je puis bien dire , et de tout mon cœur : Que ta volonté soit faite!

« Tendresses et bénédictions de votre dévouée petite sœur.

WILLIAM SETON A SA MERE

A bord du Macedonian.

Boston, 18 novembre 1818.

« Ma mère chérie, j'ai reçu hier votre chère lettre, juste comme le bâtiment se préparait à appareiller, l'équipage sur le pont pour hisser .les perroquets et carguer les amarres par une belle brise. Avant la nuit, je devrai dire adieu aux États-Unis. L'endroit le meilleur pour m'adresser vos lettres sera, je le pense, Valparaiso, dans la province du Chili. '

<!i Mère bien -aimée, si vous pouviez voir mon cœur, vous n'y trouveriez rien que votre cher vous-même; avec ces êtres bien-airaés qui

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