‹ Elizabeth SetonChapitre 147 sur 185 · CHAPITRE XXÏII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXÏII

sont groupés autour de vous. J'ai le cœur gros ; mais il faut que je fasse effort pour empêcher les pensées décourageantes de se faire jour dans un moment comme celui-ci.... Il faut que je me rende à mon poste sur le pont ; je ne puis rien ajouter.... Que Dieu vous bénisse, et nous accorde de nous retrouver encore ensemble!... Je vous écrirai par toutes les occasions. Le pilote se charge de cette lettre. Adieu. Votre cher William. »

AVILLIAM SETON A SA MÈRE

Valparaiso, 13 mars 1819.

« Sitôt notre arrivée ici , je vous ai écrit par un brick anglais en partance pour Rio- Janeiro ; et depuis lors, aucune occasion ne s'est offerte. Ceci va partir par un baleinier du Nantuket. Que Dieu accélère son voyage, et le ramène lui, sain et sauf, en sa maison, près de sa femme et de ses petits enfants ! Cette espérance d'un prompt retour en son pays, combien je la lui envie ! Je puis bien vous l'assurer, mes pensées, nuit et jour, sont constamment avec vous et ma chère Kit. Quelquefois, pendant mes quarts de nuit, je m'imagine que le Macedonian est arrivé à bon port aux États-Unis. Le voici, salué

à son entrée dans la baie de Boston par les gros canons de la vieille frégate l'Independence. Je ne m'arrête pas un instant; de Boston, je pars pour New- York; une poignée de main aux amis que nous avons là, et vile à Philadelphie. Ici, je délibère un moment: prendrai-je le bateau à vapeur de Baltimore, ou la diligence de Lancaster à Gettysburg? Cette dernière route est à jamais chère à mon souvenir, je l'ai faite en si douce compagnie ! A Gettysburg je loue une voiture, et j'arrive, le cœur qui me bat bien fort, à Emmettsburg.... , à Saint- Joseph.,.. Ici, la scène qui se passe peut être sentie, mais non pas décrite. Plus tard, vient la rencontre avec mes chers camarades de la montagne ; avec mes amis, M. Dubois, M. Brute, Andreuze, Egan, etc. Ils sont tous présents à mon souvenir, tous aimés. Et c'est ainsi que je passe bien des quarts remplis d'ennui , ou , pour mieux dire , que je passe des quarts qui seraient remplis d'ennuis, sans ces agréables pensées, mais qui avec elles glissent inaperçus, imperceptibles; et après, je me réjouis de me sentir de quatre heures plus rapproché de mon bonheur. Oh! ma mère chérie, que Dieu nous accorde cette bénédiction de nous retrouver encore ensemble; qu'il permette que je vous retrouve en bonne santé ! Ne soyez pas lasse de la vie, avant que je ne vous

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