CHAPITRE XXIV 3S
l'on arrive au pied de la montagne d'Emmetlsburg. Le premier objet qui frappe alors les yeux est l'église, de briques et de pierres, bâtie, en 1808 , par M. Dubois. Elle se détache agréablement sur le sombre rideau des arbres de la forêt. On y monte par un frais sentier bordé de jolies maisons. Le sanctuaire où réside le Dieu caché protège les demeures des chrétiens qui se sont groupées à ses pieds. Son ombre s'étend sur le séminaire du Mont- Sainte -Marie, qui couvre avec ses dépendances nombreuses les pentes de la montagne.
Vous descendez, la route fait un détour sur la droite. Le murmure des eaux interrompt le silence de ces lieux paisibles : c'est une petite rivière à l'eau vive et profonde , un affluent du Monocacy, qui serpente dans la vallée. Vous la traversez sur un pont de bois , et vous apercevez bientôt l'établissement commencé par Elizabeth Seton, mais bien augmenté depuis.
Le porche qui sert d'entrée est un bâtiment monumental d'un caractère imposant. Il s'ouvre sur une large avenue qui mène à la maison des Sœurs. Cette avenue est destinée aux voitures. Elle court entre deux allées plus étroites , réservées aux personnes qui vont à pied. La maison mère , qui est aussi le noviciat , est le plus important des divers édifices que renferme l'enceinte de la communauté. Ses dimensions
sont assez vastes pour contenir le logement d'au moins deux cents Sœurs qui y résident habituellement, soit occupées, soit sédentaires, dans la maison mère ou au noviciat. Le logis qu'on a bâti pour elles a deux cent trente pieds de long sur quarante de large; il a deux étages et un attique surmonté de parapets crénelés.
L'extérieur en briques et pierres de taille appartient au style conventuel du xiv^ siècle. La toiture, à pente rapide, est dominée par un Ijeffroi de trente pieds de hauteur. Les fenêtres du second étage sont carrées avec croisillons en pierres; celles du rez-de-chaussée ont des meneaux avec chaperons. Les murs latéraux sont soutenus par des arcs-boutants.
Du côté de l'est et de l'ouest, le pensionnat et la chapelle, se reliant avec le logis des Sœurs, forment une cour intérieure ouverte seulement à l'exposition du midi. Cette cour est entourée d'un cloître qui communique à la chapelle.
Le nouveau pensionnat a été construit dès l'année 1841 , quand la prospérité croissante de l'école des Sœurs nécessita de nouveaux agrandissements. Il se compose d'un vaste bâtiment à trois étages, et se rejoint à l'extrémité de l'ancien pensionnat du côté du levant. On l'a surmonté d'une coupole et d'un belvédère,