‹ Elizabeth SetonChapitre 171 sur 185 · CHAPITRE XXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIV

demi -sauvage dans les déserts de l'Indiana. Fidèle littéralement à cette devise qu'il avait choisie : Spend and he spent , « Donné et se donner tout entier, » il était mort à l'âge de cinquante-neuf ans, en 1839 '.

Le noble ami d'Elizabeth Selon, l'instrument de sa conversion , cet Antonio si cher , avait prolongé jusqu'en 1847 sa vieillesse , belle mais attristée. Agé de quatre-vingt-trois ans, il s'était endormi de la mort des justes, à Livourne, entouré des plus tendres soins de la piété filiale -. Amabilia était morte douze ans avant lui , en 1835, le laissant pour les années qui lui restaient encore en d'inexpugnables regrets. Jamais il ne voulut quitter le deuil qu'il avait pris d'elle.

Cette douleur de survivre à ce qu'on a aimé le plus, c'était ce qu'Amabilia avait surtout redouté, en avançant dans la vie. Il plut à Dieu de l'en préserver. La maladie qui l'enleva la surprit dans une apparente santé, au seuil de sa soixante-deuxième année. Elle seule en prévit le terme prochain. Un de ses fils veillait près d'elle pendant la dernière nuit qu'elle vécut. Elle voulut le préparer à la voir bientôt mourir. Comme il ne pouvait maîtriser sa dou-

1 Voir les notes 22 et 23 à la fin de ce volume.

2 Voir la note 24 à la fin de ce volume.

leur : « Ne vous désolez pas , lui dit-elle , votre mère meurt heureuse ; ce qu'elle avait toujours demandé à Dieu, elle l'a obtenu. Je meurs assistée de tous les secours de notre sainte Église; je meurs entourée de mes enfants; et je meurs avant votre père. Voyez quelle grâce Dieu me fait, lorsqu'il m'épargne de vivre après mon mari ! »

Celui qui descend dans la vallée d'Emmettsburg en arrivant par la route de Frederick, après avoir traversé une des plus heureuses contrées du Maryland, s'arrête maintenant avec admiration en présence d'un sitedéhcieux, où la charité, par sa seule impulsion, a créé une véritable petite ville. Ce pays, beau pour les yeux , l'est plus encore pour l'âme et pour l'esprit. Les soins de l'homme l'ont transformé. Mais de tous les ouvrages que sa main y a construits , il n'en est pas un seul qui ne raconte la gloire de Dieu.

Sur le parcours de vingt milles environ qui sépare Frederick d'Emmettsburg, la route déroule ses contours en côtoyant l'un des versants de cette belle chaîne de montagnes qui doit son nom à sa couleur d'azur, the Blue ridges , la chaîne des montagnes Bleues. On les a toujours sur la gauche jusqu'au moment où

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