CHAPITRE XV S
eaux , des sources , des ruisseaux et des grands fleuves qui découlent de ces diverses hauteurs dans les vallées, y entretient une fraîcheur constante, qui ajoute encore à leur fertilité '. Il n'est point de contrée dans l'Amérique où les fleurs , les arbres , et les plantes des forêts offrent tant de richesse et de variété.
Sitôt que la voix du printemps a fait entendre son appel, tout ce qui va respirer, pousser, fleurir, sort du sommeil des hivers avec une impétuosité et un désir de la vie particuhers aux cUmats où la chaleur vive est accompagnée de l'humidité de l'air. La plupart des arbres que nous cultivons avec soin dans nos jardins et nos vergers , croissent au Maryland à l'état sauvage, mais plus abondants et plus vigoureux. Dans les haies fleurit le pêcher avec le prunier; tous les deux donneront sans culture des fruits délicieux. La vigne rustique enroule ses festons aux arbres voisins ; de petits raisins blancs ou noirs, d'un goût agréable, succéderont plus tard à sa fleur parfumée. La neige des pommiers a changé chaque arbre en bouquet.
1 Le Maryland est arrosé par le Potomac, la Susquehanna, le Patapsco., le Pocomoc, et par une multitude de cours d'eau moins importants qui se perdent dans ces grands neuves.
La petite rivière de Monacacy, qui coule dans la vallée d'Emmettsburg , est un des aflluents du Potomac.
Les cerisiers poussent de toutes parts ; on les voit au milieu des bois, à côté des sombres sapins, des cèdres gigantesques, des chênes, des platanes, des érables à sucre, des tulipiers, du magnolier, du noyer hycoris, des catalpas et des plaqueminiers. Les espèces de ce joli arbre sont des plus variées; il en est qui s'élèvent à la hauteur de nos grands chênes; d'autres qui portent leurs cerises réunies en bouquets comme des grappes de raisin. Sous la forêt, parmi la mousse et la fougère, aussi bien que dans les champs, la terre est couverte de ces beaux fraisiers qu'on appelle fraisiers de la Virginie '. Leurs fruits précoces, d'un écarlate un peu éteint , sont beaucoup plus gros que la fraise de nos bois ; ils répandent un parfum exquis. On rapporte que lorsque les premiers colons, venus d'Angleterre, arrivèrent dans le Maryland et dans la contrée environnante , rien n'égala leur étoimement à la vue de la multitude et de la variété des fleurs et des fruits qu'ils trouvaient à chaque pas, comme en un jardin naturel où tout croissait sans culture -.
Il est beaucoup de ces fleurs qui portent les mêmes noms qu'on a donnés à leurs sœurs de l'ancien continent; mais on pourrait presque
1 Fragaria Virginea.
2 Voir Morton, The New englisli Chanaan.