‹ Elizabeth SetonChapitre 3 sur 185 · CHAPITRE XV b · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV b

dire qu'elles n'ont point d'autre ressemblance avec ces dernières. Ainsi, les roses sauvages du Maryland , qu'on voit répandues comme à pleines mains sur tous les buissons, n'ont aucun rapport avec la rose de nos haies, celte fleur charmante, mais sans éclat. La rose sauvage du Maryland est beaucoup plus large, plus vive; elle varie, dans ses couleurs, du pourpre le plus foncé au rose le plus délicat; le feuillage en est odorant, ferme, Hsse, et d'un vert brillant. Les azalées blancs, roses et d'un jaune pâle, les kalmiasde toute espèce, le datura au parfum enivrant, le rhododendron, la calycanthe, dont la petite fleur de couleur brune répand la suave odeur de la pomme et de l'ananas ; le jasmin grimpant, avec ses longs bouquets de fleurs écarlates ; la grenadille pourprée, la belle hane qu'on appelle indistinctement l'arbre à frange, ou l'arbre de neige ^ à cause de ses fleurs du blanc le plus pur; le cyprès nain à la feuille de sensitive, le sassafras, dont le fruit mignon semble une perle d'un noir de jais , attachée d'un fil de corail ; le myrte à cire , couvert de ses baies odoriférantes; le smilax, le phlox, le bignonia, avec une multitude d'autres charmants arbustes et de belles plantes, croissent naturellement de ce sol et en grande abondance.

1 Chionaathus Virgiaea.

Celte nature si gracieuse et si riche est animée, en toutes saisons, par la vie, le bruit et le mouvement. D'innombrables essaims d'oiseaux, tout un monde d'insectes et comme un nuage de papillons, gazouillent, bourdonnent, fourmillent, voltigent et se meuvent avec gaieté sur la terre et dans les airs. L'élégance de ces oiseaux , leur nombre infini , la variété de leurs chants, offrent à qui les voit et qui les entend un agrément intarissable. Parmi les brillants papillons qui peuplent l'air à côté d'eux, plusieurs sont larges comme la main, peints des nuances les plus délicates ou des couleurs les plus éclatantes : azur glacé de nacre et de violet, vert tendre, jaune orange, rose pâle et vermillon. Mais, quelque jolis qu'ils soient, c'est leur nombre, plus encore que leur beauté, qui charme les yeux.

Accoutumée comme elle était à faire monter sa pensée des objets créés vers la source de toute beauté, de toute excellence et de tout être, éprise d'une inclination naturelle pour ces grâces et ces grandeurs dont la main du Maître divin s'est plu à parer la demeure terrestre de sa créature intelligente, Elizabeth ne se lassait point d'admirer les merveilles qui l'environnaient. Elle en jouissait assurément pour le plaisir élevé qu'elle y trouvait, mais peut-être plus encore pour ses enfants et pour

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