CHAPITRE XV
mettaient, à observer ponctuellement les règles provisoires qui leur avaient été données. Leur lever était fixé à cinq heures. La prière, la méditation, la récitation d'unepartieduRosaire, les occupaient jusqu'à six heures trois quarts. A sept heures, elles se réunissaient dans leur petit oratoire pour y entendre la sainte messe , que leur aumônier, M. Dubois, venait offrir tous les jours. Elles récitaient la seconde partie du Rosaire après la messe; prenaient leur déjeuner à neuf heures ; faisaient un acte d'adoration au sacré Cœur de Jésus, puis s'employaient aux divers offices de la maison ou de l'extérieur, jusqu'à midi moins un quart. Cette heure venue, elles consacraient quelques moments à l'examen de conscience, à l'adoration, et à la lecture du Nouveau Testament. A midi, elles dînaient, pendant que l'une d'entre elles lisait à haute voix quelque partie de l'Écriture sainte, que toutes écoutaient dans un profond recueillement. Après le dîner, récréation jusqu'à deux heures. Lecture de Vlmitation de Jésus- Christ , et travail jusqu'à cinq heures. Visite au saint Sacrement , récitation de la troisième partie du Rosaire. A sept heures, le souper, suivi de la seconde récréation qui se prolongeait jusqu'à huit heures et demie. La journée se terminait par une courte lecture spirituelle et par la prière. L'ensemble de cette
vie tendait à l'accomplissement de ces deux conseils de l'Apôtre : Priez sans cet^se ; et Tout ce que vous ferez, faites- Le j^our l'amour de Jésus- Christ.
Le dimanche, les Sœurs se rendaient à la montagne pour y assi>ter aux offices. Elles suivaient, tout en récitant le rosane, les hauteurs qui conduisent de Saint-Joseph à l'église; leur attitude recueillie faisait l'édificaiion de tous ceux qui se trouvaient sur leur passage. C'étaient elles qui avaient le soin de parer l'autel, de blanchir et d'entretenir le linge et les ornements du sanctuaire. Elles contribuaient aussi à la solennité des offices, en chantant des psaumes ou de& cantiques, que d'ordinaire l'une d'entre elles accompagnait sur l'orgue.
Souvent, après l'office de la matinée, les Sœurs avec les enfants dont elles prenaient soin, au lieu de descendre à la maison Saidt- Joseph, s'acheminaient vers un endroit de la montagne remanjuable par sa solitude et par sa beauté. Le Grotte, c'est le nom qu'on a donné à cette retraite, est une sorte d'abri formé par d'énormes rochers; un nid d'aigle, penché sur le bord d'un profond ravin. Les eaux d'un ruisseau aussi pures que le cristal sortent de terre non loin de là. On les entend se précipiter à grand fracas jusqu'au bas de la montagne. Elles se frayent un chemin sous le feuil-