CHAPITRE XIX
de lui, plus semblable à l'esclave qui va de force à son devoir, qu'à l'infortuné en péril qui court à son libérateur : combien doux, combien miséricordieux, fut l'accueil que je reçus ! Combien ma part fut abondante, et généreusement offerte ! Que de reproches en de tels bienfaits; que de reproches, adorable Maître, pour l'âme qui vous aime! Et aussi, avec quelle bonté n'aviez-vous pas réveillé cette âme , pour l'exciter au désir de vous recevoir! Et que vous répondit-elle après? Ah ! cela ne saurait s'exprimer que dans un langage d'amour, ignoré des voix de la terre; cela ne peut être compris que par une intelligence absorbée en Dieu, son Créateur, son Sauveur, son souverain Seigneur.
« Je veux garder le souvenir de la ferveur avec laquelle je renouvelai alors mon offrande de tout, absolument tout, pour obtenir ùe Lui le don de son désirable amour. Croyant, doux Sauveur, que je voyais entre vos mains mon cœur couvert de souillures, rempli de misère, je vous conjurai de toutes mes forces de couper, tailler, retrancher, quelque angoisse que je dusse souffrir, tout ce qui pouvait s'opposer en lui à l'effusion de votre amour.
« Je renouvelle encore cette prière , et je vousdemande, comme la marque la plus grande
de VOS miséricordes, d'aller jusqu'au vif et de déchirer jusqu'à la dernière racine. Laissez saigner ce cœur, laissez -le souffrir... tout souffrir, pourvu seulement, ô mon Seigneur bien-airaé , pourvu que vous le façonniez pour vous. »
29 septembre, fête de l'arcliaiige saint Michel.
a Les soupirs des affligés vous appellent, ô glorieux ami. Mon âme, confiante en votre secours , remplie de ferveur , implore votre protection contre l'ennemi de son salut. Oh! comme il triomphe dans cette pauvre âme !
« Pauvre, pauvre âme! A l'heure du calme et de la paix, avec quelle assurance tu protestais de ta fidélité, avec quelle sincérité tu embrassais d'avance la souffrance et le travail ; et aujourd'hui, que tu sens le poids d'un seul doigt de cette main divine, que tu mériterais de sentir tout entière appesantie sur toi , ton calme disparaît, la nature se débat, la tristesse t'accable ; tu succombes , et la douleur te retient dans ses liens. Mon Jésus, levez-vous, et que vos ennemis disparaissent. Abritez mon esprit défaillant sous la bannière de ce saint ange qui s'écrie sans cesse : Qui donc est semblable à Dieu? D