‹ Elizabeth SetonChapitre 76 sur 185 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

sèment dans ce pays protestant, mais libre. Ne nous lassons pas de le remarquer, à l'honneur de l'état social qui fut inauguré par les fondateurs de l'Indépendance américaine : du jour où ces grands hommes eurent écrit dans la Constitution qu'il était pernais à chacun d'exercer librement son culte, de ce jour-là , l'action du catholicisme aux États-Unis ne rencontra plus d'obstacles. Libres, non protégés, entrés dans le droit commun, les membres du clergé catholique purent désormais, selon leurs besoins, se réunir, s'associer, conférer entre eux, acquérir, posséder en paix; ouvrir des écoles, des collèges, des séminaires; bâtir des églises, des maisons d'asile, des hôpitaux. S'ils rencontrèrent parfois de rudes contradictions, elles leur vinrent des mauvais vouloirs individuels , et n'eurent moyen de s'exercer que dans un cercle restreint. Jusqu'où se peuvent porter l'intolérance et le préjugé, nous ne le décrirons pas, nous qui venons de raconter l'histoire d'Elizabeth. Nous nous attacherons plutôt à faire remarquer qu'aux États-Unis, sous le le règne de la liberté, notre sainte religion fut à labri des vexations légales et des entraves qu'elle a connues trop souvent au sein des nations catholiques. D'autre part, contre ces malveillances individuelles, qu'elle ne verra jamais disparaître en aucun pays, le respect

1G2 ELIZABETII SETON

de la loi , si puissant chez le peuple américain, la défendit suffisamment du jour où la loi lui eut garanti son existence. Les conquêtes qu'elle a faites proclament l'indépendance dont elle a joui. De l'aveu même des protestants, témoins de ses progrès réguliers et continus , les deux tiers de la population des États-Unis seront catholiques avant la fin de notre dix-neuvième siècle.

Quant à l'œuvre d'Elizabeth Seton, si nul mauvais vouloir ne la contraria, elle n'en eut pas moins à subir de redoutables épreuves. Toutes lui arrivèrent des circonstances extérieures. Après un répit qui dura deux ans, la pauvreté vint de nouveau fondre sur elle, — c'est la parole de l'Écriture sainte — comme un Jiomme armé '. La vie fut dure et difficile dans la maison de Saint -Joseph à partir de l'année 1812 jusqu'à la paix de 1815.

Pendant cet intervalle, une guerre furieuse , engagée avec l'Angleterre, désola les États- Unis. Le congrès en fit la déclaration le 19 juin 1812, Malgré l'horreur qu'a toujours éprouvée le peuple américain pour les calamités que la guerre entraîne après elle , cette déclaration fut acclamée dans tout le pays, tant on avait souffert des outrages de l'Angle-

1 Pauperies quasi vir annatus. Prov. vi.

Page 1