‹ Elizabeth SetonChapitre 95 sur 185 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

jours de juillet. Il y trouva cet accueil affectueux que sa mère lui avait dit d'espérer, et que sa confiante jeunesse se promettait comme chose toute certaine. « Croire au cœur » à cet âge de vingt ans, c'est la douceur de la vie; et si c'est croire au cœur d'amis si parfaits, quelle certitude n'a-t-on pas de trouver plus encore qu'on ne s'était promis!

Une séparation de plus de huit années n'avait point effacé de la mémoire de William le souvenir d'Antonio Filicchi. Il retrouvait peu à peu les traits de son visage, son bienveillant sourire, ses gestes, sa démarche, et, dans sa voix surtout, ce bel accent toscan, un des charmes du doux pays dove 'l si suona. Son impatience était extrême de voir Filippo Filicchi , qu'il ne connaissait pas encore. Quelques paroles qu'Antonio, très-ému, lui dit à voix basse, lui causèrent un saisissement de douleur. Précédé de son ami , qui le tenait par la main , il entra dans une vaste chambre , où la demi-obscurité ne lui permit pas tout d'abord de bien distinguer les objets. Il était auprès du lit d'un malade, de pâles mains s'étendaient vers lui, Filippo Filicchi , presque mourant, l'attirait sur son cœur.

(Sans date) 1S15.

« Mon Antonio, cher à jamais,

« Bien certainement, vous aurez maintenant reçu quelqu'une de mes nombreuses lettres au sujet de l'envoi que je vous ai fait de mon William. Notre Dieu a voulu qu'il en fût ainsi, bien que ce n'ait point été vraiment de la manière que j'aurais désirée ou prévue. Vous étiez absent quand votre si excellent frère et mon William m'ont écrit. Je vous en prie, je vous en prie, ne grondez pas votre pauvre petite sœur. Cette vie passera si vite, et vous amassez de si riches trésors de bénédictions!

« Plaidez ma cause près de votre chère Amabilia. Embrassez pour moi tous vos chéris. J'ai si peur que William manque de faire ce qu'il faudrait pour mériter votre protection ! Mais cette peur» c'est presque une tentation. Je veux plutôt confier tout à Dieu, absolument tout. La lettre de votre saint Cheverus, j'ai peur qu'elle ne vous soit pas parvenue. Il me blâme, et me reproche tendrement d'avoir pu hésiter, même un instant, à remettre tout à votre inépuisable

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