‹ Elizabeth SetonChapitre 98 sur 185 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

de s'assembler à Philadelphie, pour réviser la constitution fédérale '. Cette assemblée politique, appelée à délibérer sur les plus grands intérêts, était éclatante par les lumières, petite par le nombre. Les membres qui la composaient, presque tous appartenaient à la classe supérieure, presque tous avaient pris part au gouvernement de leur pays. Les plus obscurs parmi eux dirigeaient les affaires dans leurs Etats. Ils avaient choisi pour les présider Washington. Leurs débats devaient demeurer secrets. C'est de ces législateurs que les catholiques attendaientlalibertéreligieuse.Ilss'étaient unis à leurs concitoyens, dans la lutte qui venait de finir, pour réclamer l'indépendance de la patrie; eux aussi, ils avaient versé leur sang et risqué leurs biens -. Ils entendaient maintenant user de leur influence pour faire donner à la foi fondamentale des États-Unis telle forme et tel esprit qui les mettraient en possession du droit de leur conscience. Pour atteindre un

' Voir rimroduction, page 26.

- Une remarque qui a frappé les Américains, c'est que parmi les 36 notables citoyens qui signèrent la déclaration d'indépendance, celui qui était le plus riche, et qui, par conséquent, risquait le plus, était le catholique Charles Carroll de Carrollton. \oiv Miscellanea, Iniroductory Addresa, by M. J, Spalding, Bishop of Louisville. — Louisville, 1858.

si noble but, ils firent appel aux plus considérables et aux plus capables d'entre eux, et d'un commun accord ils demandèrent à John Carroll de rédiger un mémoire pour faire valoir devant le congrès la justice de leur cause. Ce mémoire, fruit des veilles d'un grand et sage esprit, fut présenté au congrès par Washington, qui l'appuya, ainsi que Franklin, avec une vivacité égale à celle des deux catholiques Daniel Garroll et Thomas Fitz-Simmons, délégués, l'un de l'État du Maryland, l'autre de l'État de Pensylvanie '. Quelques semaines plus tard, le congrès votait le célèbre amendement par lequel les États-Unis ont fondé leur liberté religieuse -.

Si la portée de tout acte doit se mesurer au résultat qui l'a suivi, nous dirons, sans hésiter, que jamais on n'estimera trop l'importance de cet acte constitutionnel. John Garroll, qui,

1 Daniel Garroll était l'unique fils de Charles Garroll de Garrollton.

2 Quelques hommes d'État, des plus éminents, apportèrent à John Garroll le tribut de leur expérience et de leurs lumières, lorsqu'il rédigea son mémoire pour le congrès : c'était Charles Garroll de Garrollton et Samuel Ghase, — tous les deux signataires de la déclaration d'indépendance , — Tliomas Fitz-Simmons , membre du congrès alors réuni pour la révision de la constilutioD ; George ilende, et Dominick Lvnch.

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