CHAPITRE XXI
sans y avoir attaché son nom , y contribua pour une si grande part, a exposé dans un de ses écrits les motifs qui concoururent à le produire. Ce qu'il n'a pas dit, ce que lui seul, assurément , n'a pas vu , c'est combien l'autorité de son caractère et l'influence de sa parole éloquente eurent d'efl'et pour persuader et pour éclairer les hommes les plus éminents dans les conseils du pays, les Franklin et les Washington, hés d'amitié avec lui % aussi bien que les CarroU et les Fitz-Simmons, ses parents ou ses amis , et ses coreligionnaires.
1 From his exalted worth as a minister of God, his stainless character as a man, and, above ail, fus disiinguished services as a patnot of the révolution, D^ CarroU stood hiy/i, very high, in the esteem a)id affections of the PATER PATRIE. « A causG (ie son mérite émineut, comme ministre de Dieu; de son caractère saus tache, comme homme privé; et surtout à cause de ses services signalés, comme patriote, à répoqi:e de la révolution, M. CarroU tenait irn rang élevé, très-élevé, dans l'estime et dans les affections du père de la patrie. » — Lettre adressée par feu l'honorable George Washington Parke Custis, neveu de Washington, au Rev. G. J. White, l'auteur de Sketch ofthe origin and progress of the catholic Church in the U. S. of America. Voir ce livre, déjà cité.
L'éloge de Washington fut prononcé, après la mort de ce grand homme, par John CarroU, dans la cathédrale de Baltimore. C'est là qu'on peut trouver l'expression des sentiments que de son côté le père de la patrie avait inspirés à l'évèquc catholique. Voir Biographical Sketch of the most Rev. John CarroU, by John CarroU Brent.
Lorsqu'il avait commencé à conduire son Église, John Carroll l'avait trouvée pauvre, persécutée, à peine organisée; il la laissait florissante et toute en progrès, avec ses évêques, son clergé déjà nombreux, sa population plus que décuplée, ses couvents, ses séminaires, ses collèges. Il avait bien travaillé, cet ouvrier de la première heure, parvenu maintenant à sa quatre-vingt-unième année; sa vigne abondait en fruits. Le temps était venu pour lui d'aller recevoir son salaire. Une longue maladie le préparait à paraître devant son Juge miséricordieux. Ses souffrances , devenues trèsgrandes, ajoutaient à ses mérites; elles n'altéraient ni sa patience ni même sa sérénité. Il aperçut, sans qu'on l'eût averti, l'approche de sa dernière heure. Il demanda alors qu'on retendît par terre ; et c'est ainsi qu'il expira, dans l'attitude de la plus profonde humilité. Il avait mis son diocèse, il avait mis sa personne, sous la protection et le patronage spécial de la sainte Vierge : cette pensée lui fut présente jusqu'à sa fin ; il y puisait une grande confiance au moment de se présenter au jugement de Dieu.
Une voix encore, au moment de sa mort, lui parlait de confiance : c'était la voix de ses aumônes, prêtes à intercéder pour lui. La charité avait été comme l'âme de sa vie. Cette vertu chez lui revêtait toutes les formes. « Elle lui