‹ Elle est folleChapitre 17 sur 48 · SCÈNE xir · texte numérisé non relu

SCÈNE xir

LADY ANNA, YOLLACK.

fil observe attciuivciiiftit laily Anna, qui s'est rassise. ) YOLLACK , à part.

Nous voilà seuls... jani;iis je ue fus plus emljarrassc... maigre mou habitude, je ne sais commcut entaïuer... (f^a regardant d'un air attendri.) Quelle niiysionomie douce et iutéressante ! et, à la voir ainsi, qui pourrait se douter...? (Il se rapproche de lady Anna.) Lord Ilarleif;!!, milady, paraît jouir d'une sauté excellente ?

LADY ASNA, vivement.

Oui, oui, docteur, mou mari se porte très hien.

YOLLACK, avec inlétCl,

Je regrette de ne pouvoir vous adresser le niêiiie compliment; vous semblez souffrante...

LAllY ANN.I,

Oh! un peu de fatigue, d'abattement...

YOLLACK.

Qui cesserait par ^des distractions ! La solitude ue peut qu'augmenter cet état de malaise... Comme je vous le disais tout-à-l'heurc, milady, je crois qu'un hiver passé à Londres vous ferait le plus grand bien... et si rien ne s'y oppose...

LADY ANNA, vivement.

Retournera Londres? oh! non, non... j'ai des motifs... les motifs les plus graves... YOLLACK, interrogeant ses' yeux.

Les plus graves ! Et ces motifs si mystérieux, ne puis-je les connaître?

LADY ASNi, avec un mouvement et une froideur marquée.

Vous vous trompez, docteur, il n'y a rien de mystérieux dans ce que j'ai dit... je ne veux point aller à Londres, parceque je préfère rester ici... parreque je m'y trouve nueux... plus heureuse, plus tranquille... voilà tout... Une résolution aussi simple n'a pas besoin, ce me semble, de justification, et je ue vois pas en quoi elle peut vous ét(jnncr.

YOLLACK , lui prenant la main.

Pardon, milady... mou intention n'est pas de vous déplaire ni de surprendre vos secrets maigre vous. ( D'une voix émue et avec une tendre affection.) INIais VOUS savez le tendre intérêt, l'attachement que je vous porte depuis que je vous connais...

Aiu de Colallo.

Dès votre otifaiicc, il m'en souvicin ici, J'étais cli'ja , par ma londrcssc cxlrOine, Voire iiii'decin , votre ami...

Ali! pour vous consoler ne suis-je plus le mcinc ? Si d'un cliagrin votre cœur est tlotri,

Pourquoi m'en fericz-vous uiysière?

Au luéilociu si vous voulez le taire.

Ne pouvcz-vons le dire à votre ami ?

Il faut .TU nuiiiis le dire à votre ami.

LADV ANKA.

Comment?

YOLLACK, après une pause.

Allons, s'il faut faire les premiers pas... lih bien ! je m; veux |)as vous tromper. ( Lady .\nna le regarde avec anxiété.) Ce n'est point le hasard qui m'a amené ici.

LAUY ANNA, très agitée.

Ociel!

YOLLACK, avec précaution.

Cet éloignement subit, cette haine pour le monde... qui ne peuvent s'expli(|uer à votre âge, ont alariu«; votre famille...

LADY ANNA, plus agitée.

Ma famille! que voulez-vous dire? serait-elle instruite? Ah ! voilà ce queje craignais.

YOLLACK, la soutenant et l'encourageant.

Calmez-vous, calmez-vous, chère lady.

LADY ANSA, avec désordre et d'une voix entrecoupée.

Oh! oui, je le vois , on s'en est aperçu dans le monde... on s'en est aperçu , n'est-ce pas? Avouez-le... avouez-le-moi!... vous même, docteur, vous savpz tout, n'est-il ])as vrai? Oh! parlez! parlez! ne me laissez pas dans celte incertitude.

YOLLACK , après un silence.

Eh bien! oui... je puis vous l'avoiuM- sans danger ; c'est lord llarleigh qui m'a fait venir.

LADY ANNA, frappée.

Mou mari !

YOI I.ACK.

H craint depuis (juelques jours... qu lUie altération sérieuse dans l'état de votre sauté...

LADY ANNA, plus étonnée.

Moumari! mou mari ! et c'est pour moi, docteur, que vous êtes ici?

YOLLACK.

Assurément.

LADY ANNA , avec clialeur.

C'est lord llarleigh <|ui vous a fuit appeler?

YOLLACK.

Mais oui.

LADY ANNA

Et c'est pour moi! (Avec un cri étouffé.) Aîl Dieu !

(Elle jette un regard sur Yollack , va pour parler, te couvre la figure de ses mains , et s'enfuit précipitunnueut dans la maison en s' écriant : ) Oh ! non... non... jamais!

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