‹ Elle est folleChapitre 22 sur 48 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

Lady ANNA, YOLLACK.

LADY AMSA, à demi-voix.

Eh bien !

YOLLACK, fermant doucement la porte.

II est plus calme... la crise est passée... d'ailleurs sa nièce et David sont près de lui. (Lui prenant la main et avec un regard de compassion. ) Ah ! pauvre femme !...

LADY AKNA , tristement.

Croyez-vous encore que ma raison?...

YOLLACK.

J'ai honte d'avoir été dupe un moment... mais laissons crIa ! l'essentiel est de le guérir.

LADY ANNA, avec joie.

Vous l'ospcrez?

YOLLACK.

J'y ferai mon ]>ossibIe; mais jusqu'à présent, je l'avoue, je n'entends rien à son genre de folie.

LADY ANNA

Eh quoi ! un médecin aussi renommé !... YOtXACK , haussant les épaules.

Eh, mon enfant! le plus grand médecin est celui qui fait le moins de sotti.ses ! voilà tout... nous tâcherons de n'en pas faire.

LADY ANNA

Vous restez donc avec nous?

YOLLACK.

Cette question !...

Air du vaudeville du Baiser au Porteur.

Moi vous quitter, quand le sort vous arcahle,

Kt dans l'état ou je vous voi !...

V.n ni'éloignant je deviendrais eoupahle : Non ; vous souffrez , tout m'en fait une loi,

Je reste ici !... je suis chez moi !

Oui, oui, par-tout où la douleur liahiie. Je suis chez moi , mon devoir m'y retient;

Mais jedéménafje bien vite,

Pès que le Ixmiii'ur y icvicnt.

Ainsi, voilà qui est convenu, et personne ne donnera des ordres ici que moi seul.

LADY ANNA, vivement.

Oh ! oui , docteur!

YOLI.ACK, avec bonté.

J'exige aussi f|ue nous laissions de côté les lariTies, le.s soupirs... ça n'avance ii rien... ca fait perdre la tête... et nous avonsbesoin delanôtre. (Changeant de ton.) Maintenant causons ensemble, je veux tout savoir... Quand cela a-t-il commencé ? comment cela lui a-t-i! pris ? Pour guérir la folie, il faut en détruire la cause; et comment la combattre, si je ne la connais pas !

HDY ANNA.

Eh! mon Dieu ! je l'ignore moi-même.

YOLLACK, étonné.

Vous l'ignorez ?

LADY ANNA

Je n'ai que des indices vagues... quelques souvenirs...

YOLLACK.

N'importe !... n'importe !... contez-moi tout... et n'oubliez aucune circonstance.

LADY ANNA

Puisque vous le voulez... (Après une pause.) Je pa~se les premiers temps de notre mariage... les fêles, les réunions, oîiNelly, sa jeune nièce, m'accompagnait toujours, et où Harleigh était si fier, si heureux de nous conduire! (S'arrctant.) Je me rappelle cependant qu'une seule chose déjà... altérait parfois son humeur... quand nous rencontrions un jeune homme...

YOLLACK , redoublant d'attention.

Un jeune homme ?...

LADY' ANNA, avec un sentiment pénible.

Que nous appelions sir Henri... et dont je voudrais oublier le nom... car je suis sûre que c'est lui qui a causé tous nos malheurs.

YOLLACK.

Eh bien ! ce jeune homme ?

LADY ANNA

C'était un ami d'Harleij;h... un ancien camarade de collège , que, par un caprice singulier, mon mari, si bienveillant pour tout le monde, ne pouvai-t souffrii-. J'ai su (|ue des rivalités d'études. ..déplaisirs... dans lesquelles ce jeune homme l'avait toujours emporté, avaient amené cette espèce de haine que Harleigh ne prenait pas la peine de cacher... et qui devint si forte, qu'il rompit un jour brusquement avec lui et lui fit défendre sa porte.

YOLLACK.

Ah ! ah !.. il ne leviiU plus !"

lADT AMNA.

Non ; mais nous le rencontrions pnr-tout.

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