SCÈNE X
HAHLEIGH, Lady AINNA, un peu en arrière.
(Harleigh tient lady Anna par la main, et, sans la regarder, paraît rassembler .ses souvenirs; lorsque dans le courant de la scène, il jette les jeux de son côté . elle se détourne ou baisse la tête , et, sans affectation, a toujours soin d'éviter ses regards.)
HARLEIGH.
Nelly ! je te l'ai dit, il ne faut épouser que celui que l'on aime !... mais aussi il ne faut aimer que lui ! car la moindre préférence pour un autre est une lâcheté... c'est abuser de la confiance de celui qui s'est livré à vous sans défense, et, qui en échange de son honneur, de son amour, ne vous a demandé qu'un peu de bonne foi et de tendresse !...
LADY ANNA, d'une voix timide.
Eh bien ?
HARLEIGH , amèrement.
Eh bien ! de la tendresse, de la bonne foi... je n'en ai pas trouvé , moi.
LADY ANNA, le regardant, et stupéfaite.
Que dites-vous ?
HARLEIGH , le regard fixe , et douloureusement.
On m'a aimé quelque temps, je le crois... et puis un autre ! (avec effort.) que j'avais toujours rencontré sur mon chemin ! dès notre jeunesse!... par-tout!... toujours aimé... lui ! et moi... toujours dédaigné... cela devait être encore ! Voilà mon secret, voilà ce qui me tue !...
LADY ANKA, haut et vivement.
Ali i ne croyez pas...
HARLEIGH , amèrement.
Ke pas croire... J'aurais voulu douter... j'aurais donné mon sanjj... mais j'avais des yeux qui ne la quittaient pas , un cœur qui devinait chacune de ses pensées. A Naples... tu ne t'en souviens plus, Nelly... mais dès qu'il paraissait, ne la voyais-je pas se troubler... pâlir !...
LADY AN>A
Elle :