I.KURS KCRINS
« — Si, VOUS le pourrez et d'aulanlplus que dans trente jours vous serez libre.
« — Vous dites?
« — Dans trente jours, fini nous deux.
« — Alors, c'est mon congé ?
« — Courtois. Donné un mois d'avance, le temps de vous retourner et de chercher ailleurs. Oh ! vous trouverez.
« — Vous êtes un goujat.
« — Comment donc ! et maintenant, vous allez me faire une place dans votre lit.
« Thomas Forgett avait commencé à se déshabiller.
« — J'ai pris froid en allant chez ce joailler et j'ai besoin de me réchauffer; un goujat, hein 1 comme vous allez m'aimer après ce geste de souteneur! »
Et Forgett la lâcha, comme il l'avait dit, le 28 mars, et la scène avait eu lieu un mois avant.
— C'est un homme admirable.
— Admirable, oui, mais il faut être milliardaire pour se permettre de ces beaux gestes.
LA DISDÉRI
Trois couples appareillés venaient de mimer un cake walk : les femmes, le buste horizontal à force d'être rejeté en arrière, les genoux remontés presque à hauteur du ventre, avec toutes, dans le visage, le même sourire oblique, sourire des lèvres peintes et sourire des yeux faits. Le remous des jupes retroussées très haut les enveloppait quand même d'une ondoyante grâce ; les hommes, eux, carrément grotesques, parodiaient plus la danse qu'ils ne l'exécutaient.
La Disdéri se levait :
— Cela ne vous attriste pas, Thomas ? demandaitelle à Forgett.
— Non, cela m'humilie de voir des blancs danser si mal une danse nègre. lis sont simiesques, en vérité. Et puis, avouez-le, Ninetta, vous tombez de sommeil?