AVERTISSEMENT
« Notre siècle est vraiment beau, quoiqu’en disent les mécontents de toutes les écoles..…..., ee qui lui manque, à mon avis, C'est la notion claire du vrai, du juste et du possible, » :
Edmond Agour, (Le Progrès.) « La vérité est au-dessus de toutes les choses
divines et humaines, et il n’y a pas de raisons assez fortes pour s’en défaire. »
Bücaner. (Force et matière.) «Lorsqu'on prononce des paroles sur le bord d’une tombe, on ne doit exprimer que des regrets ; en séance académique, on doit ajouter à ces regrets des vérités
utiles ; lorsqu'on n’a plus devant soi que des lecteurs, on ne doit aux morts qu'une chose, la vérité. » |
Frédéric Dupois. (Éloges, 1864.)
En livrant à la publicité l'éloge de Robert, je crois devoir donner quelques explications. Lu devant la Société de chirurgie, en séance solennelle, ce discours aurait dû rester la propriété de la Compagnie, et figurer officiellement dans ses mémoires. [n’en sera pas ainsi, et voici pourquoi.
Lorsque Robert mourut, le 4 décembre 1862, je prononçai
sur sa tombe quelques paroles d'adieu, au nom de la Société. Là se terminait naturellement mon rôle. L’éloge proprement dit devait, suivant la coutume, être ultérieurement prononcé par le secrétaire général, dont l'attribution principale consiste à perpétuer la mémoire des membres disparus.
L’an dernier, la tâche ne put être remplie ; cette année, et par des raisons que je n’ai pas à discuter, un nouveau secrétairegénéral pensa pouvoir se recuser encore. Le panégyrique de notre regretté collègue fut done menacé d’un nouvel ajournement, qui aurait surpris le corps médical, et probablement affecté la famille et les amis du défunt.
Peu de jours avantla séance annuelle, M. le président et divers autres membres s’adressèrent à moi, m'engageant d’une manière pressante à acquitter la dette commune. Pris au dépourvu, j’objectai la brièveté du délai et les difficultés du sujet, non pour me soustraire, à coup sûr, à l’accomplissement d’un devoir sacré, mais dans la crainte bien naturelle de produire une œuvre indigne de la Société, de mon maître et de moimême. J’offris même de présenter l’année prochaine un éloge longuement élaboré et mürement réfiéchi. On insista en invoquant d'excellentes raisons, et je me rendis. Défalcation faite du temps nécessaire pour prendre mes renseignements et réunir les matériaux indispensables, il ne me resta guère que dix jours pour rédiger. Impossible par conséquent de soumettre à la critique bienveillante de mes amis cette quasi-improvisation. Je montai donc à la tribune, sans me dissimuler les imperfections d’un travail écrit de premier jet, avec tant de hâte que cerlaines pages avalent à peine été revues.
La lecture fut longue, fatigante pour mes auditeurs et pour moi-même : elle dura tout près de sept quarts d'heures; çà et là des louanges bien méritées, que je donnais, soit à Robert, soit à son vieil ami, M. Michon, furent ratifiées par les applaudissements. Mais, en somme, l’accueil fut froid dans l’enceinte réservée aux titulaires, Certains passages, qui cependant n’étaient pas ennuyeux, soulevèrent des murmures : car ils bles-