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porter cet art en Grèce, et Cérès l'enseigne en Italie et en Sicile. Enfin la tradition arabe veut que le blé ait été apporté à l'homme par l’ange Mikail.
L'origine de l’agriculture remonte à la plus haute antiquité on en retrouve les traces dans tous les débris, dans tous les monuments des civilisations les plus reculées. Elle est la plus noble parce que dans son exercice plus que dans tout autre, l’homme acquiert cette indépendance virile, cette force de tempéramment, cette confiance en soi qui sont la base morale des sociétés. En contact continuel avec la nature, passant les trois quarts de sa vie sous le ciel ouvert, écoutant tout le jour le merveilleux concert de tous les êtres créés dans lequel il n'y a rien d’appris et où cependant il n’y a pas une fausse note, conversant lui-même à son insu avec les voix innombrables de l’espace dont pas une ne dit un mensonge, ayant constamment sous les yeux tout ce que l’homme peut contempler de plus grand, la création, poussé toujours du côté où le portent les bons instincts, n'ayant pas d’autres exemples que des bons à suivre lorsqu'il n’est pas troublé par les passions étrangères des hommes des villes ni d'autre spectacle à contempler que celui de la paix et du bonheur domestiques, le plus grand des biens qu’il puisse désirer, fortifié tous les jours par une vie rude et de salutaires fatigues, le cultivateur offre le type le plus parfait de l’homme dans sa noblesse native et dans la liberté réelle de tous ses actes.
Laissez-moi, vous dire avec le grand poëte Lamartine, moi fils de cultivateur :
“ Fils des champs, j'aimai de bonne heure ‘6 | .
Ces laboureurs vêtus de deuil, “ Dont on voit la pauvre demeure “ Entre l’église et le cercueil.
* Le jardin qui rit à leur porte
* Dans son buisson de noisetiers,
“* Leur seuil couvert de feuille morte Où le pauvre a fait des sentiers :
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“ La voix de leur cloche sonore “ Qui dit aux vains enfants du bruit :
“ Que le Seigneur est dans l’aurore !
‘ Que le Seigneur est dans la nuit !
“ Cette odeur de myrte et de roses “ Qui s'exhale autour de leurs pas, “ Et leur voix qui parle de choses “ Que l’œil de l’homme ne voit pas.
Et puis, permettez encore que je vous cite cette deseription de la vie du cultivateur, ce petit croquis si gracieux emprunté aux (Georgiques de Virgiles. On se :appelie involontairement en lisant ce tableau si frais, les charmantes descriptions que Legendre a fait de la vie à la campagne :
“ Quelques-uns, dans les longues suirées d'hiver, veillent à la lueur de la lampe, et aiguisent en forme d’épées des torches nouvelles. Pendant ce temps-là, la mère de famille charme par ses chansons les heures trop lentes du travail, fait courir la navette légère entre les fils de la tolle ; ou bien elle cuit dans l’atrain les doux fruits de la vigne, dont elle ôte, avec une branche d'arbre, l’'écume bouillante.” (1)
Non seulement l'agriculture est la plus noble et la plus ancienne des industries huinaines, mais je prétends aussi qu'elle est celle qui rend à la société les services les plus considérables, que sans elle enfin, nous ne pourrions pas exister, cur elle est née des besoins même de l’homme dès qu'il fut banni du paradis terrestre. Oui, Messieurs, l'agriculture a créé les nations ; la charrue a
(1) Et quidam seros hiberni, ad luminis iunes
Pervigilat, ferroque faces aspirat acuto :
‘ Interea, longum cantu solata laborem,
“* Arguto conjux pereurrit pectine telas :
“ Aut dulcis musti Volcano decoquit humorem, “ Et foliis undam trepidi despumat aheni.
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fait le premier propriétaire. Cet art de couvrir les champs de récoltes, de modifier la nature, pour la rendre plus utile à l’homine, a devancé tous les autres. Et cependant, dit le marquis de Montlaur, dans un admirable rapport, cette science si haute, si féconde en résultats, a été négligée pendant des siècles et abandonnée avec une sorte de mépris. Ceux qui portent l'épée passent avant ceux qui tiennent la bêche. l’endant tout le moyen-âge, sauf à quelques rares moments, sous Charlemagne et Saint-Louis. par exemple, la condition du laboureur est triste et précaire. Toutes les charges pèsent sur Jui. La lutte est sans trève sur tous les points du pays : comment l'agriculture aurait-elle pu prospérer ? La paix seule lui permet de vivre et de grandir. Au seizième siècle, époque de transformation sociale elle reprend faveur. Olivier de Serres écrit son livre si curieux et si bon à consulter, même aujourd'hui ; Sully et son iilustre maître, le cœur navré par les misères qui aflligent les campagnes déclarent que cet art si nécessaire est digne de tous les respects, et que les Etats ne restent forts qu'en s'appuyant sur lui. Ce retour aux idées saines et vralment gouvernementales. ajoute le même écrivain dure peu; les désordres politiques arrêtent ce salutaire élan Au temps de la Fronde, les champs foulés aux pieds par des bandes armées restent en friche. Quand le calme est revenu, quand l'ordre a succédé à toute cette agitation mauvaise, les splendenrs de Versailles éblouissent tous les yeux et cachent la véritable situation du royaume. La détresse est profonde et l'on court à l’abime. Cependant le dix-huitième siècle vient de s'ouvrir ; toutes les intellisences sont en travail ; on se préoceupe avant tout de réformes sociales; l'économie poli: tique est créée. On comprend que l’agriculture a un rôle important à jouer dans cette réorganisation de la société que l'on rève, et à laquelle on met la main avec tant d’ardeur et d'inexpérience. Des comices sont instituées et l’état des campagnes est la première des questions qu'on discute. Il y a de grands maux : chacun cherche avec bonne foi le remède. Depuis, l'agriculture a fait son chemin, Elle s'est développée énergiquement en tous sens en Europe surtout. Elle a conquis enfin la place qui aurait toujours dû être la sienne. On s'est senti honoré de lui appartenir, et un
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maréchal de France, qui est une des grandes figures contemporaines, a pu prendre aux applaudissements de tous, cette simple et noble devise : Ense et aratro.
Pourquoi, Messieurs, a-t-on toujours fait un si grand cas üe l'agriculture? Ah! c’est que l'on a compris que c’est dans son sein que l'humanité puise la source même de sa vie. Tandis que toutes les autres industries se bornent à transformer des matières premières dont elles n'utilisent même qu'une partie, l’agriculture multiplie ces matières premières, elle les décuple et les centuple. Le soleil est son grand auxiliaire dans cette œuvre de création. C’est une des principales branches de l’activité humaine ; c’est la plus ancienne. “L’'agri- “ culture, dit Fénélon, qui est le fondement de la vie “ humaine, est la source de tous les vrais biens.” Son importance a toujours été jugée si grande que toutes les traditions anciennes s'accordent à lui donner une origine divine. N'est-ce pas en effet, dit M. de Tracy, dans ses” remarquables lettres sur l’agriculture, le sol cultivé qui donne toutes les denrées nécessaires à la nourriture des populations ? n'est-ce pas du sol aussi que proviennent la plupart des matières dont on se sert pour fabriquer les vêtements, pour orner et meubler les habitations ? Ce qui est le caractère propre de l'agriculture, ce qui la distingue de toutes les autres industries, c'est que seule elle créé la matière vivante, que seule elle peut se suffire à elleméme, Aussi, on veut bien admettre généralement que l’agriculture, considérée uniquement comme l’ensemble des procédés au moyen desquels on obtient de la terre tous les objets d'une indispensable nécessité pour la nourriture, le vêtement et mérite, à ce titre, d'occuper la première place parmi toutes les industries ; mais en l’envisageant d'un point de vue aussi étroit il n’est pas possible de s'en faire une idée un peu exacte et complète, et de reconnaître que sa prééminence est fondée sur bien
ee motifs et sur des considérations de l'ordre le plus élevé.
Ainsi, non seulement ajoute le mème auteur, l’agriculture est, dans les temps les plus difficiles, comme au sein
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de la prospérité générale, la source la plus féconde et la moins variable de la richesse financière de l'Etat ; non seulement les capitaux qu’elle a depuis si longtemps fixés dans le sol, et qu’elle ne cesse d'y déposer chaque année, égalent et surpassent peut-être la somme des capitaux de toutes les autres industries réunies ; mais quand on étudie avec quelque attention les divers effets de son action et de son influence, on reconnaît qu’en obtenant de la terre tant de produits variés, elle modifie la nature et la composition du sol lui-même, et, par suite, ies phénomènes physiques dont l’ensemble constitue le climat particulier de chaque contrée ; enfin on voit que l’agriculture, par la diversité de ses travaux, de ses procédés et des habitudes locales qui en résultent, par la nature et la variété des produits alimentaires et autres, qu’elle met à la portée de chacun, détermine d’une manière absolue sous Le rapport physique, moral, et même intellectuel, les conditions d'existence de l'immense population qui, plus où moins directement, concourt à ses travaux.
La richesse publique est intimement liée au développement et à la prospérité de l’agriculture ; pour bien le comprendre, 1l suffit de remarquer que cette industrie étant exercée par une lmmense population, répandue sur un vaste territoire, les moindres perfectionnements dans ses procédés doivent avoir sur la production générale une très grande influence, et amener des résultats très importants.
Et pris que d’autres services l’agriculture ne rendelle pas encore à la société ? Par une harmonie vraiment providentielle, les intérêts de la production sont d'accord avec ceux de l'humanité, et ia culture en se perfectionnant tend sans cesse à diminuer les influences nuisibles et souvent délétères émanées de certains sols. Ainsi, par exemple, le séjour des eaux à la surface de la terre ou dans ses couches peu profondes est nuisible à la végétation à tel point, que le premier soin d’un cultivateur intelligent doit être de faire disparaître ces causes d'infécondité en procurant à ces eaux leur écoulement par tous les moyens possibles,
D'un autre côté la stagnation de ces eaux n'est pas moins funeste à la santé des hommes, puisqu'elle est dans bien des cas, la cause principale des fièvres et de bien d'autres maladies.
Je cultivateur, on ne saurait trop le proclamer, est le fondement et la colonne de tout ordre social, et sans lui les plus belles choses de ce monde n'auraient pas de lendemain, car c'est lui qui donne à manger au reste des hommes. Quand Sully a voulu relever la France des désastres que la suerre avait causés, c'est à l’agriculture qu'il s’est adressé. Voici ce qu’il disait dans le préambule de l'édit. de 1594:
“ Le plus grand et légitime gain et revenu des peuples procède principalement du labour et culture de la terre, qui leur rend, selon qu'il plait à Dieu, à usure, Île fruit de leur travail. en produisant grande quantité de blés, vins, graines, légumes et pâturages. De quoi nonseulement ils vivent à :eur aise, mais en peuvent entretenir le trafic et commerce avec nos voisins et pays lointains, et tirer d'eux or, argent et tout ce qu'ils ont en plus grande abondance que nous. Ce que nous considérant, nous avons estimé nécessaire de donner moyen à nos sujets de pouvoir augmenter ce trésor. Joignez que sous ce labour, infinis pauvres gens, détruits par le malheur des guerres, dont la plupart sont contraints de mendier, peuvent travailler et gagner leur vie, et peu à peu se remettre et relever de misère.
“ Sachant bien qu'en plusieurs de nos provinces et pays, le long des mers de l’un et de l’autre côté, de grosses et petites rivières et autres endroits de notre royauine, il y à grande quantité de palus et marais inondés et entrepris d'eau.........lesquels palus et marais étant desséchés serviront partie en labour, et partieen prairie et pâturages.”
On a souvent comparé l’agriculture à une large mamelle où vient s’allaiter l'humanité entière. Olivier de \ arrog 1 ‘6 n . ‘ à QU à ‘ " a Serres disait ee Pâturage et labourage sont les deux mamelles de l'Etat” Je ne veux pas insister sur cette
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image autrement que pour en signaler l'extrême justesse et pour rappeler que de toutes les grandes sources qui alimentent l’activité et le développement des sociétés, la principale, et, comme je le disais tout à l'heure, la plus ancienne et la plus noble est assurément l’agriculture.
Après tout, sans l’agriculture que serait le commerce, par exemple ? N'est-ce pas du sol que sont tirées toutes ces richesses qui transformées pour différents objets l’alimentent et le font vivre. N'est-ce pas là la véritable richesse, la seule qui soit indispensable ? ‘ Quelle folie, “ dit Aristote dans sa Politique, d'appeler richesse une “abondance au sein de laquelle on meurt de faim ? C’est bien la fable de Midas dont les dieux avaient exaucé le souhait avare et qui périssait d'inanition parce que tout ce qu'il touchait se convertissait en or.” Cette comparaison est frappante ; en effet, à quoi nous serviraitil d’avoir des monceaux d’or, si la terre nous fermait son sein et refusait de nous fournir le pain qui nous conserve l'existence ? Que deviendraient ces grandes armées qui s'en vont conquérir des empires, si l’agriculture ne leur fournissait point la nourriture qui maintient leur force et augmente leur courage ? Ah! Napoléon Bonaparte l'avait bien compris, puisqu'il disait : ‘ L'agriculture est le ‘ premier élément de la prospérité d’un peuple.”
Comment se fait-il alors, dira-t-on, que tant de gens désertent les champs, où ils trouvent la liberté, l'independance et la santé pour aller s’étioler dans les étroites et malsaines demeures des villes, et dans des établissements où la mort et la production vont de pair? Oh! Messieurs, on ne saurait répondre à cela que par des banalités puériles, par des arguments à la Prud'homme. Il n’en est pas moins vrai qu’un des grands fleaux de notre temps soit le dépeuplement des campagnes au profit des villes. Les champs à l'air pur et libre sont désertés pour l'atelier, pour la machine et pour le souterrain. Nous sommes dans le siècle de fer par excellence, où l'humanité cherche à se créer des conditions et une existence nouvelle en forgeant, et en élaborant sans cesse dans l’universel creuset, toutes les matières premières. Nous cherchons un avenir nou-
veau, et il nous faut passer par l’âge de fer avant d'arriver à l’âge d'or. C’est la condition fatale, inexorable. Elle nous a été imposée dès le premier jour, par une pomme. Et dire que ce fruit fatal continue encore d’être tant recherché et que les Canadiens se vantent de l'avoir comme le meilleur et le plus productif de tous ceux de leurs vergers ! Nous passons par l’âge de fer; 1l n’y a que nos muscles qui ne le soient plus; mais l’homme finira bien par trouver remède à cela au moyen de l'électricité
Messieurs, je voudrais bien ne pas abuser de votre attention ni dépasser le temps qu’il m'est donné de m'’entretenir avec vous, mais je vois les sujets de causerie naître en foule autour de moi à mesure que j'envisage le sujet général que j'ai été appelé à faire valoir. Qui de vous, n’a pas assisté au moins une fois en sa vie dans les champs, au lever du jour? Voyez. Le soleil à peine a projeté ses premiers rayons audessus de l'horizon ; les oiseaux viennent de s’éveiller et remplissent l'air de frais gazouillements, la brise matinale, pure et fratche, court dans les feuillages et sur les têtes des long épis, on entend des échos lointains, sonores et doux, les animaux domestiques, compagnons et serviteurs du roi de la nature, étirent leurs membres reposés et se lèvent lentement......mais, regardez bien. Quel est cet être qui seul debout, droit et front tourné vers les cieux, interroge de tous côtés la vaste étendue et promène sur elle son regard souverain
qui en scrute les secrets et demande ce que le temps lui réserve ?
Cet être, c’est le cultivateur, le premier, le plus libre et le plus puissant des hommes ; oui, le plus puissant, car toute puissance humaine vient de l'homme libre ; de l’homme libre qui tient dans ses mains les destinées de son pays, et qui possède le vote ce qui veut dire le pouvoir. Saluez, Messieurs, celui qui fait les gouvernements, et surtout les gouvernements..….......colonisateurs. Hélas ! cet homme si puissant et si superbe dans son indé endance a été si longtemps et si systématiquement dédaigné que je me sens tout timide en parlant de lui dans les termes où je le fais ; mais j'espère que cette timidité ne
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dépassera pas les bornes de mon travail, et que je saurai faire énergiquement, dans la sphère qui m'est réservée, tout ce qui m'est possible pour reconnaître dans le cultivateur le premier des citoyens et le traiter comme tel.
Messieurs,1l m'est tombé dernièrement sous la main un tout petit article que je n’ai pu lire sans une profonde émotion ; je l’ai pris dans un journal de la Louisiane et comme il trouve admirablement sa place ici, je vous demande la permission de vous le lire ; le voici :
“Savez-vous, dit l’auteur, pourquoi les Acadiens furent les meilleurs entre les colons de la Louisiane, pour ne pas dire les meilleurs de tous, et pourquoi nous ne devons pas, quand nous écrivons leur histoire, nous étonner de leur simplicité native, de leur honnêteté insurpassable, de leur foi, de leur piété, de leur courage, de leur énergie de pionniers, comme aussi de leurs œuvres aux temps où l'esclavage des noirs n'avait pas encore marqué ce pays pour une épreuve qui dure encor:
“ Ce n'est pas seuiement parce qu’ils étaient de bonne race, ni parce que leur séjour et leur héroïque existence en Acadie les avaient rendus forts et bons, mais encore parce qu'ils étaient avant tout, par l'origine, par la condition et par les mœurs, ce qu'on appelle des paysans, c’est-à-dire des hommes du pays, du sol et de la terre.
“ Ils ne venaient point des villes Ils n’en avaient ni la langue ni les mœurs. Ils n’en connaissaient pas les métiers et les vices. Leur outil était la houe. S’approprier un morceau de terre, le défricher, ie cultiver, l’ensemencer, l'embellir, y planter des arbres, y bâtir un» maison, y élever la famille dans le travail, dans l’honneur, dans le respect à l'autorité paternelle, près de l’église du baptème, du mariage et du cimetière bénit—église moins rude et moins sévère que celle du puritain, mais plus humaine et plus vivante, plus fleurie et plus joyeuse aux jours de fête, où le prêtre était un ami, un pére, un brave homme aimant tout le monde et aimé de tous, sans
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être grand théologien—tel était leur rève, et telle fut leur ambition.
“ Car ils étaient paysans là-bas. Et ils aimaient la terre qu'il faut aimer, qui seule est généreuse, qui seule convient à la famille, dont l'amour ne trompe point, ne trahit pas et ne souille jamais,—la terre qui a toutes les vertus du travail, du soin. de l’ordre, de l’économie, de Îa probité, de l'hospitalité, de là vérité et de la croyance, — la terre qui est et doit être une religion intime, profonde, constante, héroïque et sacrée sans laquelle ou en dehors de laquelle il ne peut pas y avoir de religion véritable et respectable, de l'homme à Dieu, du travailleur au créateur. La terre prouve Dieu autant que le ciel, sinon plus. En de cas, c'est là que l’homine est le contre-maître de
leu.
* Voilà pourquoi le paysan, l'homme du pays, avec son amour pour la terre, son amour de Gaulois encore plus que de Français, son amour si constant et si dévoué qui a fait de la France un admirable jardin où vit l'esprit ie admirable nation, est le premier homme devant
jeu.
Les Acadiens furent des paysans.
Oui, Messieurs, c'est le sol qui renferme toutes les vertus solides, les vertus héréditaires, qui conservent et qui maintiennent les peuples et les races, et comme je ne saurais ajouter une parole plus convaincante et plus éloquente, aux admirables paroles que je viens de citer, Je me contente en terminant cette trop imparfaite conférence, de jeter avec vous un cri qui résume bien toute
notre pensée en songeant aux grandes choses accomplies par l’agriculture et disons avec le poëte :
“ J’admire tes bienfaits divine agriculture.”