SUR QUELQUES-UNS DES TRAVAUX
Travaux sur divers points de Patliologie et de Théra» peutique cliirurgicales.
1° Dès l'an 1806, il a rendu possibles le diagnostic certain et le traitement régulier des maladies du col de l'utérus et du vagin, par l'invention du Spéculum plein, simple ou brisé, dont la chirurgie ne pourrait se passer aujourd'hui.
2° Il a donné l'appareil le plus simple et le plus sûr connu, pour guérir sans difformité la fracture de la clavicule même en bec de flûte, ainsi que cela a été vu dans sa pratique particulière et dans le service de M. Blandin, à l'Hôtel-Dieu. — Voyez sur ce point une note insérée dans le Bulletin Thérapeutique.
3° Il a imaginé, pour le bistouri, une monture très-simple qui , en l'ouvrant , change cet instrument en scalpel et permet de le nettoyer comme les lancettes.
[i° L'impossibilité de meltre le pharingolôme ancien dans une trousse ordinaire l'si conduit à en donner un dont la lame est masquée par une contre-lame d'argent mobile sous l'un des doigts qui l'avance et la recule quand et comme on veut.
5** La difficulté du diagnostic des calculs vésicaux dans ungrai)d nombre de cas, l'a conduit à employer, pour faciliter leur investigation, des sondes sillonnées perpendiculairement ou parallèlement à leur axe. Les premières représenlenl des grains enfilés comme ceux d'un chapelet, et les secondes ont des cannelures longitudinales séparées par des arêtes adoucies. Le moindre frottement au passage ou par la rotation de l'instrument décèle la présence dans la vessie des corps étrangers de quelque consistance qu'ils soient.
6° Ses recherches sur les kystes hydatiques du foie, de la rate, etc. — 11 a prouvé q[u'ils guérissaient en y pratiquant une ouverture avec perte de substance, au moyen de ia potasse caustique, et en les tenant remplis d'eau simple, dont on tempère l'écoulement par un plumasseau épais et en comprimant le bas-ventre. Ils ont guéri, même lorsqu'ils remplissaient l'abdomen, qu'ils produisaient la plus grande gêne de la digestion, de la re.spiraliû(i et de la circulation, et qu'ils avaient communication avec la vésicule du fiel. Du reste voici ce que dit à ce sujet le Competidium de médecine pratique : « En 1835, par une opératipn hardie et heureuse, M. Récamier changea l'état de la science, et c'est à lui qu'appartient l'honneur de tous les progrès qu'a faits depuis la tumeur hydatique du foie. »
7° Ses recherches sur l'opération de l'empième purulent.
II a prouvé qu'une ouverture directe c|e la plèvre yers le point le plus sensible de In fluctuation, ét,3it préférable à une ouverture oblique par le bistouri ou le trois-quarts, à la condition de tenir, comme les kystes hydatiques, la plèvre remplie d'eau simple, en modérant l'écouleiuent de l'eau par un tampon perméable, tandis qu'on refoule le bas-ven^ tro vers la poitrine par une ceinture convenable. Il a fait voir qu'on doit remplir la cavité, son ouverture étant placée en haut, afin qu'il n'y reste aucune bulle d'air, seul moyen 4e prévenir la fétidité du pus et les effets de la résorption, seul moyen de prolonger la vie, pour donner à la poitrine le temps de s'affaisser, et à la cavité celui de s'effacer.^
8° 11 a prouvé que quand il ne s'agit que d'évacuer un liquide contenu dans la plèvre, sans se réserver le droit d'injection, un trois-quarts courbe, dont on laisse plonger l'extrémité externe de la canule comme un siphon dans le liquide d'gn récipient, prévient l'entrée de l'air dans la cavité de la plèvre, mieux qu'aucun autre moyen, et même que les trois-quarts à soupape qu'il avait inventés pour cet objet.
9° Ses recherches sur les abcès profonds du ventre et du bassin.
— Sur ceux qui s'ouvrent spontanément dans l'un des intestins, et guérissent si le foyer est au-dessus de l'ouverture, tandis qu'ils ne guérissent pas si le foyer est au-dessous, les matières chymeuses ou stercorales pouvant y entrer et y stagner.
— Ssr ceux qu'il a pu ouvrir avec succès : par les par-ois abdominales, par le vagin et même par le rectum, à lepr partie déclive. (Voir le mémoire de M. Bourdon sur ce sujet.)
10° Mémoire sur les polypes utérins, sous le point de vue de leur diagnostic et de leur traitement. {Revue médicale.)
11° Mémoire sur l'ablation de l'utérus cancéreux et sur les moyens de rendre celte opération praticable. (Voyez Recherches sur les maladies cancéreuses. — Voyez Revue médicale, 1829. — De plus, un Mémoire inédit sur des nouveaux moyens de lever les difficultés de cette ablation et d'en assurer le succès.)
12° Ses recherches sur la substitution delà ligature divisée en plusieurs pédicules, à l'instrument tranchant et aux caustiques dans l'ablation des cancers de la langue, de la vulve, du vagin et du rectum.
Voyez la thèse de M. le docteur Massé ; les faits qui s'y trouvent prouvent qu'on peut, par ce moyen, étendre dans le traitement de ces maladies le domaine du possible.
13° Recherches sur le diagnostic et le traitement de quelques maladies utérines et vaginales. {Inédit.)
1 4° Recherches sur le diagnostic et le traitement des fractures de l'extrémité supérieure du fémur, soit intra, soit extra capsulaire, et sur les décollements des épiphyses de la partie supérieure du fémur. {Inédit.)
Travaux en Pathologie et Thérapeutique médicale».
!• En 1795, fait prisonnier de guerre, comme chirugien aide-major du vaisseau de quatre-vingts, le Ça-ira, il fit, à son retour, au Comité de salubrité navale de Toulon, un rapport sur les diverses maladies, et en particulier sur le
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typhus, qui avaient affecté les prisonniers de guerre en Corse pendant le cours de cette année, et il termina ce Mémoire par des remarques sur l'inutilité et sur les inconvénients graves des forges à boulets rougos à bord des vaisseaux. (Elles ont été supprimées depuis.)
2° A la fin de 1799, il présenta à la Faculté des recherches sur la structure des tumeurs hémorroïdales et sur l'histoire et le traitement des flux hémorroïdaux.
3° Plus tard il lut à la Faculté de Médecine et donna, dans le journal de Corvisart, Boyer et Leroux, un Mémoiji'e sur les causes constitutionnelles des ulcérations artéi-ielles, et sur les effets de ces ulcérations, comme causes d'anévrismes et de destructions osseuses.
4° Il a donné à la même sociélé rObservation de la guérison d'une personne, âgée de quarante ans, mordue par un loup enragé. Le sujet de l'observation en était au vi^ngl-huilièmejour, et les cicatrices des plaies faites à la main étaient .couvertes dephlyclènes; il fut traité par Ja eaulérjijalion des cicatrices avec le nitrate acide de n^ercure, par les bains avec le deutochlorure de mercure, et n'a pas eu le moindre syiriptôme d'hydrophobie, malgré la terreur que lui causa la mort de deux personnes mordues par le même loup et en même tempsque lui, et qui succombèrent hydrophobes à sa connaissance, à l'hôpital de Provins. Ce fait prouve la préférence que mérite le nitrate acide de mercure sur les autres caustiques, et surtout sur le cautère actuel.
5" Recherches consignées dans les journaux et les thèses du temps, sur la préférence que mérite le nitrate acide de mercure pour la cautérisation dans -les érysipèle.s gangreneux, dans les pustules malignes et Jes ant'hra-x.
6» Divers sujets pris dans ses cours dogmatiques et cliniques à l'Hôtel-Dieu, au Collège de France, ont figuré dans diverses thèses de ta Faculté et dans divers ouvrages particuliers. Ainsi, Recherches sur le tétanos, par Méningite Spinale. (Voir la thèse de M. Beau, 1804- Voir le Traité de la méningite de MM. Martinet et Parent-Duchàtelet.)
7" Recherches sur le parallèle des phlegnaasies-cutanées et muqueuses. (Voir la thèse de M. Durif, 180/j.)
8° Recherches sur les hémorragies cérébrales. (Voir la thèse de M. Trouvé de Caen.)
9° Recherches sur les phlegmasies cérébrales comparées aux hémorragies cérébrales.
10° Recherches sur les ramollissements crémeux du cerveau, sans signes inflammatoires locaux, comparés aux ramollissements du cœur, du poumon, du foie, de la rate, de l'estomac, sans traces évidentes de phlegmasie. Recherches faites publiquement à l'Hôtel-Dieu et citées dans divers travaux particuliers. (MM. Serres et Lallemand.)
11° Recherches sur les fièvres graves, sous le point de vue de leur histoire et de leur traitement dans leur rémission, dans leurs paroxismes et dans leur convalescence. (Voir les thèses de MM. Gellibert, Leprugne, Gharmasson, etc.)
12° Recherches sur l'emploi des bains simples et sur les affusions à diverses températures et de diverses durées, dans les maladies nerveuses, et en particulier dans les gastralgies, dans lesquelles on ne peut agir directement avec avantage sur l'estomac pour le modifier, mais seulement par l'intermède de la peau.
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13» Recherches sur l'emploi des bains et des affusions à diverses températures, comme agents curatifs, dans les fièvres nerveuses.
Thèse de MM. Pavet, Simon, etc.
14° Recherches sur l'emploi des bains et des affusions à diverses températures, dans les fièvres rémittentes et subintrantes, soit pour les faire cesser, soit pour amener une intermittence ou une rémittence, qui permet de placer le périodique avec succès.
Avant ces recherches, les bains étaient redoutés et inusités dans les fièvres.
15» Recherches sur les irrigations permanentes à diverses températures, dans les cérébrites, les méningites et même les péritonites. Ce moyen a présenté une ressource dans des cas désespérés.
lô'Deiux Mémoires sur les affections puerpérales. [Revue médicale, 1831.) Il y établit les différences que comporte le traitement des maladies puerpérales, selon les saisons et les maladies régnantes.
17° Mémoire sur les contractions musculaires permanentes par cause locale et sur les succès du massage dans ce cas. {Revue, 1838.)
18» Mémoire sur des contractures musculaires survenues comme épidémiquement dans une maison de travail de Pantin. [Inédit.)
19° Mémoire sur l'épilepsie, sur son diagnostic, sur ses aura, et sur la distinction des cas où elle est curable de ceux oii elle est incurable. [Inédit.)
20° Il a publiai à l'occasion de ses Cours dogmatiques, en I8O/1, les premiers tableaux d'une classilication naturelle et complète des maladies.
21° Recherches sur la meilleure méthode de traitement du choléra asiatique et de ses accidents. {Revue médicale, 1831)
Travaux do physiologie pathologique.
1** Recherches sur l'état du système nerveux en stimulation dans les quatre classes d'animaux. Recherches faites à la Pitié il y a plus de vingt-cinq arts avec M. Serres, qui lês à publiés.
2° Recherches sur la respiration et sur la circulation rouge et noire. {Notes à la suite des recherches sur le cancer.)
3° Recherches sur les sécrétions formant des flux ou des épanchements et sur leurs anomalies. {Cours publics et notes citées plus haut.)
Travaux mixtes»
Recherches pratiques sur les maladies cancéreuses locales, sur leur histoire générale (2 forts vol. în-8) et recherches physiologiques et pathologiques sur l'analyse naturelle des phénomènes physiques et physiologiques de l'homme. {Da?is les Notes.)
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Lês résullats de câs recherches sont t
10 Que les engorgements mammaires diffus, qui récidivent après l'ablation, guérissent souvent sans récidive par une compression douce et égale.
2° Que les engorgements mammaires enkystés, qui rie se résolvent pas par là compression, ne récidivent pas par l'ablation en dehors du kyste.
3° Que le cautère actuel, dans les tumeurs cancéreuses, a été suivi de production de tumeurs cancéreuses dans le voisinage du premier endroit malade, et que la même chose est arrivée par l'emploi du cautère actuel, dans lés tumeurs ganglionnaires au cou, dont la suppuration a été suivie de tubercules pulmonaires.
k° Què la diathèsè cancéreuse, toujbilfs priiliitive et iocaië, boriiéô à un seul organe ou éteridûe à plusieurs, est distincte de la cachexie cancéreuse, qui est toujours un vice cohstitutiohiiel coiiséCutiF, qui engendre les àiîèt'^ lions subséquentes, liées à l'état général qu'elle à produit.
5» Que les maladies cancéreuses sont soumises à des lois analogues à celles des maladies chroniques, en général, qui s'usent ou bien usent le slijet qui leé porte ; Iriâi's que les engorgements cahcéi-ëux sont les plus réfractaires àux forces de la hâture é't au^L ftibyens dë l'âft.
6" Que l'état lebrile est la maladie des fonctions vitales communes, qu'il soit général, comme dans les pyrexies, ou qu'il soit local, comme datts les phlegmasies
7° Que les prédominances phénoméniques dans tel ou tel
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appareil ne changent en rien la nature des choses dans les pyrexies, ni dans les phlegniasies ; mais qu'elles fournissent des indications positives pour régler la marche du praticien. Ainsi, dans une fièvre grave qui présente la prédominance de la plénitude et de la dureté du pouls, l'indication d'émissions sanguines; dans les fièvres qui présentent la prédominance des phénomènes bilieux des premières voies, l'indication des évacuants appropriés; dans les fièvres avec prédominance nerveuse, l'indication d'agir sur le système nerveux, comme dans le delirium tremens ou la nostalgie; dans, les fièvres qui touchent directement à la vie, comme dans le typhus, l'algide, etc., l'indication de soutenir directement la puissance ou résistance vitale par des toniques appropriés à la vie.
8° Que la même affection en apparence peut dépendre de différentes causes constitutionnelles ; ainsi, une ophthalmie, une angine, un érysipèle, un phlegmon, etc., peut dépendre dans divers sujets ou dans le même, à des époques différentes, tantôt d'un principe psorique, tantôt du vice herpétique, tantôt du vice syphilitique, tantôt du vice strumeux, etc., et par conséquent exiger des traitements très-différents.
9° Que des affections différentes, ophthalmies, angines, érysipèles, phlegmons, etc., peuvent dépendre d'un même vice chez le même sujet, ou chez des sujets différents, et que par conséquent elles comportent un traitement absolument semblable, quoique paraissant différentes.
10° Qu'on ne "pourra présenter utilement le tableau complet des différents vices des fonctions de l'homme, dans un ordre convenable, que lorsqu'on sera arrivé à une
aualyse naturelle de ses phénomènes physiques, physiologiques et psychologiques élémentaires ; analyse à laquelle M. Récamier a travaillé sans relâche depuis longtemps, qui a fait l'objet de ses cours, et qu'il publiera incessamment.
Pour bien juger des services rendus par M. Récamier, il faut se reporter aux circonstances dans lesquelles il s'est trouvé, et remarquer que les résultats de ses travaux et de ses recherches, exposés dans ses cours publics et dans les ouvrages de chaque époque, sont entrés dans la pratique. (Voir les Thèses, les Dictionnaires, les Compendium et les ouvrages particuliers de médecine et de chirurgie.)